Une condamnation annoncée à la prison
La journaliste Sandra Muhoza, collaboratrice du média en ligne La Nova Burundi, a été condamnée à quatre ans de prison ferme par le tribunal de Ngozi, dans le nord du Burundi. L’annonce du verdict lui a été notifiée mardi directement à la prison de Ngozi, où elle est détenue depuis avril 2024, a indiqué l’un de ses avocats à l’AFP. La défense dénonce un processus judiciaire « inique et erratique » et a annoncé son intention de faire appel. Le ministère public avait requis une peine bien plus lourde, de douze ans d’emprisonnement.
Une journaliste affaiblie et privée de soins
Lors de sa comparution devant le tribunal le 19 décembre dernier, Sandra Muhoza était apparue très affaiblie, marchant avec une béquille. Selon un proche, elle souffre d’une hernie discale. Ses proches assurent que l’administration pénitentiaire lui a refusé l’accès à des soins appropriés dans un hôpital, une situation qui suscite de vives inquiétudes quant à son état de santé.
Burundi : la journaliste Sandra Muhoza condamnée à quatre ans de prison, relance le débat sur la liberté de la presse https://t.co/U3bVaArL7y via @SOS Médias Burundi
— SOS Médias Burundi (@SOSMediasBDI) January 14, 2026
Des accusations liées à des messages privés
D’après Reporters sans frontières (RSF), la journaliste a été condamnée pour des informations partagées sur un groupe privé WhatsApp. Les accusations portent notamment sur un message dans lequel elle relayait une information concernant une supposée distribution d’armes par le gouvernement. Dans un communiqué, RSF a dénoncé une « peine très sévère » et des « accusations forgées de toutes pièces », estimant que cette affaire criminalise l’exercice du journalisme.
Une affaire judiciaire aux multiples rebondissements
Fin 2024, Sandra Muhoza avait déjà été condamnée à un an et neuf mois de prison par le tribunal de grande instance de Mukaza, à Bujumbura. Cette décision avait toutefois été annulée en mai 2025 par la cour d’appel de Bujumbura, qui avait renvoyé l’affaire devant le tribunal de Ngozi, lieu où l’infraction était supposément commise, a précisé son avocat.
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Un symbole de la répression de la presse
Pour RSF, cette condamnation illustre la volonté des autorités burundaises de « continuer à considérer le journalisme comme un crime ». L’ONG souligne également que Sandra Muhoza est actuellement la seule femme journaliste arbitrairement détenue en Afrique subsaharienne. Le Burundi figure au 125e rang sur 180 pays dans le classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF, un indicateur qui reflète les difficultés persistantes auxquelles sont confrontés les journalistes dans le pays.
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