Des pertes des deux côtés
Selon un communiqué publié mercredi, l’armée tchadienne déplore la mort de trois soldats et fait état de dix blessés parmi les forces de défense et de sécurité. Le MPRD a confirmé de son côté la mort de trois de ses combattants, qualifiés de « martyrs » par son secrétaire général, Luc Beyam Bebha, ainsi que deux blessés dans ses rangs. Les combats ont éclaté mardi dans la localité de Korbol, située dans le sud du pays, une région marquée par une activité rebelle récurrente.
Une embuscade contre une colonne de l’armée
D’après Remadji Honaithy, chercheur à l’Institut d’études de sécurité (ISS), une colonne de l’armée tchadienne aurait tenté d’approcher des positions tenues par le MPRD avant de tomber dans une embuscade mardi matin.
Le chercheur évoque également un renforcement des dispositifs militaires dans les jours précédant l’attaque, notamment autour de la ville de Sahr, dans une région frontalière de la République centrafricaine.
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Ultimatum et escalade des tensions
Selon le responsable du MPRD, les autorités tchadiennes avaient adressé dimanche un ultimatum au mouvement rebelle, lui laissant 48 heures pour déposer les armes et se rendre. Cette pression aurait contribué à l’escalade des tensions ayant conduit aux affrontements. Fondé en 2003 dans le sud du Tchad, le MPRD estime qu’« il est impossible d’obtenir une alternance par un autre moyen que la violence », souligne Remadji Honaithy, précisant que le mouvement affiche une revendication explicite : renverser l’ordre politique en place.
Une instabilité chronique au Tchad
Le Tchad est régulièrement secoué par des offensives de groupes rebelles, dont certaines ont déjà atteint les portes de la capitale, N’Djamena. Cette instabilité s’inscrit dans un contexte politique fragile depuis la mort du président Idriss Déby Itno en avril 2021, tué par des rebelles alors qu’il se rendait au front après trente ans au pouvoir. Son fils, Mahamat Déby, avait alors été proclamé président de transition par l’armée, avant d’être élu en mai 2024 lors d’un scrutin contesté et largement boycotté par l’opposition.
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