Algérie: une peine plus lourde requise contre Khaled Drareni

AFRICA RADIO

17 février 2022 à 16h21 par AFP

Le parquet a requis jeudi contre le journaliste algérien Khaled Drareni une peine supérieure à deux ans de prison ferme, sanction à laquelle il avait été condamné avant d'être rejugé après un pourvoi en cassation, a indiqué à l'AFP son avocat.

La peine exacte requise n'a pas été précisée mais le jugement de ce nouveau procès sera connu le 3 mars. "Khaled Drareni est un journaliste libre, il a été poursuivi et condamné et continue d'être harcelé par la justice pour avoir fait son travail", a indiqué à l'AFP l'avocat Mustapha Bouchachi. "On lui reproche d'avoir couvert les marches du Hirak (mouvement de protestation prodémocratie) le 16 mars 2020", date à laquelle le journaliste avait été interpellé, a ajouté l'avocat. Correspondant de la télévision TV5 Monde et de l'organisation Reporters sans frontières (RSF) en Algérie, Khaled Drareni, 41 ans, avait été condamné en appel le 15 septembre 2020 à deux ans de prison ferme pour "incitation à attroupement non armé" et "atteinte à l'unité nationale". Les autorités lui ont également reproché d'avoir travaillé pour un média étranger sans accréditation, un sésame nécessaire en Algérie pour les correspondants de médias internationaux, mais aussi d'être un "khabarji" (informateur) à la solde "de parties étrangères". Khaled Drareni avait rejeté l'ensemble de ces accusations, assurant n'avoir fait que son "travail en tant que journaliste indépendant", et exercé "son droit d'informer". Gracié par le président Abdelmajid Tebboune, il avait été libéré le 19 février 2021 après avoir passé onze mois derrière les barreaux. La Cour suprême avait accepté le 25 mars 2021 son pourvoi en cassation. Depuis cette date, la tenue du nouveau procès a été reportée à plusieurs reprises. Dans l'intervalle, le journaliste a poursuivi ses activités sur son site d'information en ligne Casbah Tribune et comme animateur de la radio privée M. Plusieurs journalistes algériens sont en prison, après des condamnations ou dans l'attente de leur jugement, selon la Ligue algérienne de défense des droits de l'homme (LADDH). L'Algérie figure à la 146e place (sur 180) du classement mondial de la liberté de la presse 2020 établi par RSF. Elle a perdu 27 places en cinq ans.