En France, fin du procès de l'attentat de Nice, verdict mardi

AFRICA RADIO

12 décembre 2022 à 10h51 par AFP

Le procès de l'attentat de Nice s'est achevé lundi, avec les derniers mots des accusés avant que la cour d'assises spéciale de Paris ne se retire pour délibérer et donner son verdict mardi.

Après le dernier mot donné aux accusés lundi, la cour d'assises spéciale se retirera ensuite dans un lieu tenu secret en région parisienne avant de revenir mardi dans la salle des grands procès du Palais de justice de Paris pour annoncer son verdict. Abattu par la police au terme de sa course meurtrière, le Tunisien Mohamed Lahouaiej Bouhlel, auteur de l'attentat au camion-bélier qui a fait 86 morts - dont quinze enfants - et plus de 450 blessés le soir du 14 juillet 2016 sur la promenade des Anglais, a été le grand absent du procès même si son nom a été prononcé à chaque audience depuis le 5 septembre. Aucune des huit personnes jugées lors de ce procès-fleuve ayant duré plus de trois mois ne l'est pour complicité avec le tueur. Si trois des accusés sont poursuivis pour association de malfaiteurs terroriste (AMT), les cinq autres accusés sont jugés pour des délits de droit commun relatifs à la législation sur les armes. Le Parquet national antiterroriste (Pnat) a requis 15 ans de prison contre les trois principaux accusés tout en demandant que l'AMT ne soit pas retenue contre l'un d'entre eux, le Niçois Ramzi Arefa, 27 ans, qui a reconnu avoir fourni un pistolet. "Je suis coupable d'avoir vendu une arme, sans y réfléchir. Et depuis, ça fait plus de six ans que j'arrête pas d'y réfléchir. J'espère que vous l'avez entendu", a déclaré l'un des trois accusés poursuivis pour association de malfaiteurs terroriste (AMT), Ramzi Arefa. Petit trafiquant de stupéfiants, attiré par l'argent facile, Ramzi Arefa "ne pouvait connaître la radicalisation" du futur tueur de la promenade des Anglais, a fait valoir le Pnat. Les deux autres accusés poursuivis pour AMT, le Franco-Tunisien Mohamed Ghraieb, 47 ans et le Tunisien Chokri Chafroud, 43 ans, ont certes "commis des faits moins incriminants", a expliqué le Pnat mais "ils savaient, à la différence de Ramzi Arefa, que Lahouaiej Bouhlel était en mesure de commettre un attentat". Ces trois hommes encourent 20 ans de prison. "Je suis pas un terroriste, je n'ai rien à voir avec ce qui s'est passé", a clamé Mohamed Ghraieb lundi. Contre les cinq autres accusés parmi lesquels quatre Albanais dont une femme et le Tunisien jugé en son absence, le Pnat a réclamé des peines comprises entre deux et 10 ans de prison. Ils encourent chacune 10 ans de prison. L'avocate générale Alexa Dubourg a souligné que le procès ne compenserait pas la douleur "immense, insondable" des endeuillés et des rescapés qui, durant cinq semaines, ont raconté à la cour, de façon souvent déchirante, "l'horreur" du 14 juillet 2016. "On doit être condamné pour ce qu'on a fait, pas pour autre chose: aucun homme ne peut être condamné pour absorber la douleur", a plaidé une des avocates des prévenus, Aurélie Cerceau.