Est de la RDC: un militaire tué et brûlé par des habitants en colère

AFRICA RADIO

3 octobre 2022 à 14h06 par AFP

Un militaire de l'armée congolaise soupçonné d'avoir tiré sur un homme d'affaires a été tué et son corps brûlé par des habitants en colère, dans l'est de la République démocratique du Congo, a-t-on appris lundi de sources locales.

Dimanche vers 21H00 (19H00 GMT) dans le quartier Rubumba, à Kamanyola, trois hommes en tenue militaire ont fait incursion au domicile d'un homme d'affaires connu dans la zone et ont tiré sur lui, selon les témoignages recueillis par l'AFP. Blessé grièvement, Yajuwa Mungu Kaluku a été admis à l'hôpital de Kamanyola. "Après leur opération, ils [trois militaires] ont fui vers leur campement (...), des jeunes qui patrouillaient les ont poursuivis. Deux ont disparu dans le camp et un a été attrapé, tabassé jusqu'à mourir sur la route et son corps brûlé", a raconté à l'AFP Maniema Kyalangalilwa, président de l'association des jeunes de Kamanyola. Lundi à la mi-journée, un correspondant de l'AFP a vu les restes d'un homme calciné sur une place de Kamanyola, cité située à 55 km au sud de Bukavu, capitale provinciale du Sud-Kivu, où se tenait une réunion de responsables locaux de sécurité. Les autorités n'ont fait aucune déclaration. La tension était perceptible dans cette localité où de jeunes hommes ont manifesté sur la voie publique, ont érigé au moins dix barrières sur une distance de 7 km, selon ce correspondant. Les manifestants réclamaient entre autres "le remplacement de la nouvelle unité de l'armée" arrivée récemment dans la zone, l'ouverture d'une "enquête" pour l'identification des membres d'un groupe de voleurs présumés, a expliqué M. Maniema Kyalangalilwa. Des hommes de cette nouvelle unité sont accusés d'être "à la base de l'insécurité grandissante, caractérisée par des vols à main armée" dans cette zone, a-t-il ajouté. Des cas de recours à la justice populaire sont souvent rapportés dans cette région troublée de la RDC. Des voleurs ou miliciens présumés et autres personnes accusées de sorcellerie ont été victimes de cette pratique qui prend de l'ampleur dans cette région orientale du pays, en proie à des violences depuis près de 30 ans.