En Ouganda, Muwanga Kivumbi, député du parti de l’opposant Bobi Wine a affirmé vendredi 16 janvier à l’AFP que dix de ses partisans ont été tués par l’armée à son domicile, dans un contexte de fortes tensions alors que les résultats de l’élection présidentielle et des législatives sont attendus d’ici samedi 17 janvier.
"Dix personnes ont été tuées à l’intérieur de ma maison" dans la nuit de jeudi à vendredi, a déclaré Muwanga Kivumbi, cadre de la Plateforme d’unité nationale (NUP), dans le district de Butambala, fief de Bobi Wine, situé dans le centre du pays. "Après les avoir tués, l’armée a continué de tirer. Puis ils ont enlevé toutes les preuves de leur mort. Il ne reste plus qu’une mare de sang", a-t-il affirmé.
Scrutin sous haute tension
Les élections présidentielle et législatives se sont tenues jeudi 15 janvier en Ouganda. Le président sortant Yoweri Museveni, âgé de 81 ans et au pouvoir depuis près de 40 ans, brigue un septième mandat consécutif, s’appuyant sur un contrôle étroit de l’appareil sécuritaire et électoral.
Son principal adversaire, l’ex-chanteur Bobi Wine, 43 ans, avait été arrêté et torturé lors de la présidentielle de 2021. Il a accusé vendredi sur X le gouvernement de "bourrage massif des urnes" et d’arrestations de cadres de son parti, facilitées par un blocage d’internet.
"Nous étions des civils, nous n'étions pas armés"
Selon Zahara Nampewo, épouse du député Kivumbi, plusieurs centaines de personnes s’étaient rassemblées à leur domicile pour protester contre une manipulation présumée du vote dans la circonscription lorsque l’armée est intervenue pour disperser la foule.
Alors que de nombreuses personnes se sont enfuies dans les plantations voisines, "ils ont tiré à travers la porte de notre garage et ont tué dix jeunes, dix jeunes hommes, des agents de campagne qui étaient venus nous aider", a déclaré cette professeure de droit, se disant "ébranlée". "Nous étions des civils. Nous n’étions pas armés. Il était 3H00 du matin. Je ne sais pas ce que nous avions fait de mal", a-t-elle ajouté.
Les forces de écurité répondent
Un responsable des forces de sécurité ougandaises interrogé par l’AFP a, de son côté, affirmé que sept personnes avaient été tuées pour avoir attaqué un centre local de dépouillement des votes, une version contestée par l’opposition.
Ces accusations contradictoires alimentent les craintes de violences post-électorales dans un pays marqué par des scrutins régulièrement contestés.
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