Une convocation judiciaire historique
La haute juridiction madrilène, l’Audience nationale, a accepté la demande des avocats de Carmelo Ovono Obiang et de deux autres hauts responsables équato-guinéens — Isaac Nguema, directeur de la sécurité présidentielle, et Nicolás Obama, ministre d’État — de comparaître par visioconférence. Ces trois hommes sont accusés d’avoir orchestré l’enlèvement et la torture en 2019 de quatre opposants résidant en Espagne. Jusqu’à présent, ils n’avaient jamais répondu aux convocations de la justice espagnole.
Des faits graves : enlèvement, torture et mort
Selon le dossier de l’Audience nationale et des informations publiées par le quotidien El País, les quatre opposants auraient été attirés au Soudan du Sud sous prétexte d’une invitation amicale, qui s’est révélée être un « piège ». Ils auraient ensuite été emmenés de force à Malabo, la capitale, et emprisonnés. Les victimes auraient été soumises à la torture dite « du crocodile », consistant à pendre le prisonnier tête en bas, pieds et mains enchaînés, provoquant des blessures graves. L’un des quatre, Julio Obama Mefuman, de nationalité espagnole, est décédé en janvier 2023. Selon le mouvement d’opposition MLGE3R, il a succombé à des sévices en prison, tandis que le gouvernement de Malabo évoque une mort due à une maladie.
Une affaire au cœur des tensions diplomatiques
Cette procédure judiciaire s’inscrit dans un contexte sensible : la Guinée équatoriale, ancienne colonie espagnole, est dirigée depuis 1979 par Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, recordman mondial de longévité au pouvoir pour un chef d’État non monarchique. Le pays, riche en pétrole, reste parmi les plus fermés au monde et la justice espagnole se heurte à des questions de compétence territoriale et à l’absence de coopération de Malabo.
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Une audience attendue le 5 février
La comparution par visioconférence de Carmelo Ovono Obiang et des deux autres responsables est prévue le 5 février. Les observateurs internationaux et les défenseurs des droits humains suivront de près cette étape, qui pourrait constituer une avancée significative dans l’enquête sur l’enlèvement et la torture des opposants équato-guinéens sur le sol africain et en lien avec l’Espagne.
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