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Ethiopie: le gouvernement dénonce les commentaires du directeur de l'OMS sur le Tigré

Le gouvernement éthiopien a dénoncé jeudi les "commentaires contraires à l'éthique" du directeur général de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) sur la situation humanitaire dans la région du Tigré dont il est lui-même originaire, l'accusant d'avoir "rompu son serment" d'impartialité.

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18 août 2022 à 18h51 par AFP

Devant la presse, Tedros Adhanom Ghebreyesus a qualifié mercredi la situation au Tigré de "pire catastrophe humanitaire dans le monde" et dénoncé une "cruauté inimaginable" infligée aux six millions d'habitants de cette région du nord de l'Ethiopie, dont les autorités rebelles sont en conflit depuis novembre 2020 avec le gouvernement fédéral. "Ce commentaire est un parmi de nombreux autres contraires à l'éthique faits par le directeur général de l'OMS et il n'est pas surprenant", a réagi jeudi Billene Seyoum, porte-parole du Premier ministre Abiy Ahmed, interrogée par la presse. "Nous ne doutons pas que les Nations unies vont examiner la violation continue du serment du directeur général de l'OMS, serment professionnel qui prévoit expressément (...) impartialité et indépendance, et auquel plusieurs commentaires similaires contreviennent", a-t-elle dit. M. Tedros a notamment dénoncé mercredi le "refus" du gouvernement de rétablir les services essentiels (électricité, télécommunications, banques...) dont la région est privée et affirmé que l'aide humanitaire délivrée au Tigré était "insuffisante". La porte-parole du Premier ministre l'a accusé de se faire le porte-voix des autorités du Front de libération du Peuple du Tigré (TPLF), parti classé terroriste depuis 2021 par le gouvernement éthiopien. "Si le directeur général de l'OMS désire continuer à donner de l'écho au discours d'une organisation désignée terroriste, il lui est conseillé de se retirer de ce poste international de haut niveau", a déclaré Billene Seyoum. Jeudi, la porte-parole a accusé le TPLF de refuser d'entamer des négociations de paix et estimé que ce refus et les "déclarations belliqueuses" des rebelles ne créaient pas "l'environnement propice" nécessaire au rétablissement des services essentiels au Tigré.