Guinée équatoriale: un militant des droits humains en détention

AFRICA RADIO

12 décembre 2022 à 16h06 par AFP

Un militant des droits humains, Joaquin Elo Ayeto, a été arrêté samedi en Guinée équatoriale pour avoir organisé une conférence sur les droits de l'Homme et la corruption "sans autorisation officielle", ont assuré lundi son ONG et son avocat.

Ce petit Etat d'Afrique centrale au régime des plus fermés et des plus autoritaires au monde, est dirigé depuis plus de 43 ans par le président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, qui vient être réélu pour un sixième septennat et détient le record mondial de longévité au pouvoir pour un chef d'Etat encore vivant, hors monarques. M. Elo Ayeto, coordinateur de l'ONG équato-guinéenne de défense des droits humains Somos+ Sociedad Civil, a été arrêté pour "avoir organisé une conférence sur les droits de l'Homme et la corruption en Guinée équatoriale, sans autorisation officielle" à l'occasion de la journée internationale des droits de l'Homme, a déclaré à l'AFP son avocat Me Angel Obama Obiang Eseng. Selon lui, "le motif de l'arrestation et de la détention (...) ne tient pas" car "il a organisé la conférence dans un établissement privé" et pas "dans un lieu public dans lequel il est nécessaire de solliciter une autorisation officielle". Sollicitées par l'AFP, les autorités n'avaient pas commenté l'information sur son arrestation ni sur ses motifs en fin de journée. Ex-membre de Convergence pour la Démocratie Sociale (CPDS), seul parti d'opposition qui ne soit pas interdit par Malabo et dont il a été exclu il y a un an, M. Elo Ayeto avait déjà été arrêté et inculpé en février 2019 pour "tentative d'assassinat" sur le président Obiang, avant une requalification des chefs d'inculpation pour "diffamation et menaces visant le président de la République". Il avait été remis en liberté sans avoir été jugé après un an de détention, sur ordre du chef de l'Etat. Fin septembre, Anacleto Micha Nlang, co-fondateur de Guinea Tambien es Nuestra (La Guinée est aussi à nous), une association de défense des droits humains interdite par le pouvoir, dont la plupart des cadres vivent en exil en Espagne notamment, a également été arrêté et demeure en détention préventive depuis. Peu avant la réélection de M. Obiang avec 94,9% des suffrages le 20 novembre, le pouvoir avait lancé une vaste campagne d'arrestations dans l'opposition et la société civile au motif, selon lui, qu'il avait déjoué un "complot" en vue de commettre des attentats, accusations contestée par l'opposition et les ONG.