Imam réclamé par la justice française: audience en Belgique le 21 octobre

AFRICA RADIO

11 octobre 2022 à 13h36 par AFP

L'avocat belge de l'imam marocain Hassan Iquioussen, qui conteste sa remise à la France en vertu d'un mandat d'arrêt européen (MAE), a obtenu mardi un délai de la justice belge qui se penchera sur le dossier le 21 octobre.

A l'issue d'un premier rendez-vous devant la juridiction chargée de statuer, au tribunal de Tournai (ouest), Me Nicolas Cohen a expliqué à des journalistes qu'il souhaitait "examiner une par une" les possibilités de refus du mandat d'arrêt. La demande formulée à la chambre du conseil de bénéficier d'un délai supplémentaire pour cela a été acceptée, et l'audience reportée au 21 octobre, a ajouté l'avocat. Le parquet de Tournai a confirmé à l'AFP ce report de dix jours. La chambre du conseil siège à huis clos. L'imam, qui a été extrait de prison mardi pour comparaître, devrait l'être à nouveau le 21 octobre "pour répondre aux questions", selon Me Cohen. Mis en cause en France pour des propos jugés "contraires aux valeurs de la République", cet homme de 58 ans qui réside dans le Nord est sous le coup d'un arrêté d'expulsion signé par le ministre français de l'Intérieur Gérald Darmanin. Il était introuvable au moment où cet arrêté, qu'il avait contesté devant la justice, avait été définitivement validé par le Conseil d'Etat le 31 août. Les autorités françaises avaient alors émis un MAE à son encontre pour "soustraction à une mesure d'éloignement", ce qui a finalement conduit à son arrestation par la police belge le 30 septembre dans la région de Mons. Interrogé sur l'état d'esprit de son client, Me Cohen a répondu : "il tient le coup, il est détenu dans une procédure qu'il conteste, pour une remise à la France qu'il conteste, mais il a envie de faire valoir ses idées par toutes les voies de droit". "C'est ce à quoi nous sommes occupés", a poursuivi l'avocat. La procédure de remise à la France pourrait prendre plusieurs semaines voire plusieurs mois si toutes les voies de recours possibles sont sollicitées. "Hassan Iquioussen fait confiance en la justice belge pour ne pas céder aux pressions d'un exécutif français avide d'un trophée médiatique pour servir un agenda législatif funeste", avait indiqué son avocate française, Lucie Simon, trois jours après son arrestation.