Le Conseil de sécurité de l'ONU renouvelle pour un an sa mission de paix au Soudan du Sud

AFRICA RADIO

15 mars 2022 à 22h06 par AFP

Le Conseil de sécurité de l'ONU a approuvé mardi une résolution renouvelant pour un an sa mission de Casques bleus au Soudan du Sud, sans le concours de la Russie et de la Chine qui se sont abstenues lors du vote de ce texte rédigé par les Etats-Unis.

Les 13 autres membres du Conseil de sécurité ont voté en faveur de la résolution qui prévoit un maintien jusqu'au 15 mars 2023 des effectifs actuels de la Minus (Unmiss en anglais), dont le plafond autorisé est de 17.000 Casques bleus et 2.100 policiers. Cette opération est l'une des plus coûteuses de l'ONU avec un budget annuel dépassant le milliard de dollars. La Chine a indiqué être en faveur de la prolongation du mandat mais expliqué son abstention par notamment la volonté attribuée aux Etats-Unis d'insister sur les droits humains dans la résolution. Le texte s'en trouve "très déséquilibré", a dénoncé l'ambassadeur chinois adjoint, Dai Bing. Son homologue russe, Anna Evstigneeva, a aussi qualifié la résolution de "déséquilibrée" et regretté que des amendements proposés par Moscou n'aient pas été pris en compte. La résolution souligne que le maintien des Casques bleus dans ce pays est destiné à "empêcher un retour à la guerre civile au Soudan du Sud", à "construire une paix durable aux niveaux local et national", et à "soutenir une gouvernance inclusive et responsable et des élections libres, justes et pacifiques". Lors d'une réunion début mars du Conseil de sécurité, l'ONU et les Etats-Unis, pays clé dans la création du Soudan du Sud, avaient pressé ses dirigeants de faire progresser le processus permettant des élections dans moins d'un an, sauf à risquer une "catastrophe". A moins d'un an des élections, le Soudan du Sud risque de replonger dans la guerre, avait averti en février l'ONU. Plus jeune pays du monde, ce pays connaît une instabilité chronique depuis son indépendance du Soudan en 2011. Entre 2013 et 2018, il a sombré dans une sanglante guerre civile entre les ennemis jurés Riek Machar et Salva Kiir, qui a fait près de 400.000 morts et des millions de déplacés. Un accord de paix signé en 2018 a débouché sur un partage du pouvoir au sein d'un gouvernement d'union nationale investi en février 2020, avec M. Kiir au poste de président et M. Machar comme vice-président. Mais les dispositions de l'accord de paix restent largement inappliquées, en raison notamment de querelles persistantes entre les deux rivaux.