Libye: trois morts parmi des civils dans des affrontements entre milices

AFRICA RADIO

22 juillet 2022 à 10h06 par AFP

De violents combats ont éclaté dans la nuit de jeudi à vendredi entre des milices dans la capitale libyenne Tripoli (ouest), faisant trois morts parmi les civils, selon une source des services de secours.

"Trois personnes décédées et deux autres blessées ont été conduites au Centre médical de Tripoli (TMC)", a déclaré à la chaîne Libya al-Ahrar, Oussama Ali, porte-parole du Services des Ambulances de Tripoli. Les derniers affrontements entre milices datent du 10 juin mais cela fait longtemps qu'ils n'avaient pas fait de victimes civiles. Le bilan pourrait encore s'alourdir car "nous n'avons pas encore les données des cliniques privées dans la zone", a ajouté le responsable. Selon M. Ali, une soixantaine d'étudiants étaient bloqués dans des dortoirs universitaires, à cause des affrontements. Des ambulances les ont évacués vers le TMC. Des échanges de tirs nourris ont retenti dans les quartiers est de Tripoli peu après minuit jeudi, veille du weekend (vendredi-samedi) en Libye, semant la panique parmi la population dans les rues et jardins très fréquentés pendant les nuits d'été caniculaires. Les combats, qui ont opposé deux groupes armés influents de l'ouest de la Libye -- la Force al-Radaa (dissuasion) et la Brigade des Révolutionnaires de Tripoli --, ont duré jusqu'aux premières heures de vendredi à Ain Zara, quartier densément peuplé de l'est de Tripoli avant de s'étendre à d'autres secteurs, selon des médias locaux. Des images et vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent des dizaines de véhicules, portières ouvertes en plein milieu des rues, abandonnés par leurs conducteurs pour se mettre à l'abri des tirs. Les vols des compagnies Libyan Airlines en provenance du Caire et al-Alamia de Benghazi, qui devaient atterrir à l'aéroport de Mitiga, non loin de la zone des affrontements, ont été déroutés sur Misrata, à 250 km à l'est de Tripoli. Symptomatiques du chaos auquel la Libye est en proie depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, mais aussi des tensions entre groupes armés de la Tripolitaine, tolérés par le gouvernement, la situation sécuritaire dans le pays nord-africain demeure très précaire.