Afrique du Sud: appel rejeté pour le chef des jeunes de l'ANC

Par La rédaction

JOHANNESBURG (AFP) - (AFP)

Julius Malema, président de la Ligue de la jeunesse de l'ANC, en conflit ouvert avec la direction du parti dominant en Afrique du Sud, a été reconnu coupable en appel d'atteinte à l'image et la cohésion du mouvement, a annoncé samedi le président de la commission d'appel.

Julius Malema pourra néanmoins à nouveau plaider sa cause pour tenter de réduire la suspension de cinq ans dont il avait écopé en novembre, a précisé dans une déclaration à la presse Cyril Ramaphosa, une figure du Congrès national africain (ANC) reconverti dans les affaires.

"L'affaire va être renvoyée à la Commission nationale de discipline (qui l'avait suspendu en première instance, ndlr) afin de déterminer une sanction appropriée, après avoir entendu les arguments pour une atténuation ou une aggravation de la sanction que les parties voudront bien présenter", a expliqué M. Ramaphosa, ajoutant que cela devrait être fait dans les deux semaines.

"Il est suspendu avec effet immédiat", a précisé à l'ANC Keith Khoza, un porte-parole du mouvement.

M. Malema était resté en fonction après sa condamnation en première instance, dans l'attente de son appel.

Le jeune tribun, âgé de 30 ans, a été reconnu coupable en appel de deux des trois chefs d'inculpation retenus contre lui en novembre: avoir semé de sérieuses divisions dans le parti et avoir terni sa réputation en appelant au renversement du gouvernement du Botswana voisin.

En revanche, la commission d'appel a abandonné l'accusation d'indiscipline, pour avoir fait irruption à une réunion de hauts dirigeants de l'ANC sans y avoir été invité.

Le "procès" de Julius Malema s'inscrit dans les luttes de pouvoir qui agitent l'ANC, alors que le président Jacob Zuma, qu'il conteste, cherche à assurer sa réélection.

Initialement allié de M. Zuma, "Juju" en est devenu l'un des plus farouches adversaires, se moquant ouvertement de lui en public et jouant des rivalités qui rongent le parti dominant.

Il reproche au président Zuma l'insuffisance des transformations socio-économiques du pays, dix-sept ans après l'arrivée de l'ANC au pouvoir.

Souvent virulent, Julius Malema a appelé sans relâche à la nationalisation des mines et des banques, et à la saisie des terres exploitées par des fermiers blancs, mettant l'ANC et le gouvernement en porte-à-faux tant vis-à-vis de l'électorat le plus pauvre que des milieux d'affaires.

Cinq de ses lieutenants qui avaient été condamnés à des suspensions plus modestes, ont aussi vu leur appel rejeté samedi.

S'ils ne sont pas satisfaits de la peine qui leur sera infligée après leur nouveau passage devant la Commission nationale de discipline, les jeunes loups de l'ANC pourront encore demander au Comité exécutif national, l'instance suprême du parti, de les entendre en dernier recours.