Afrique du Sud: campagne contre la tuberculose record dans les mines d'or

Par La rédaction

JOHANNESBURG (AFP) - (AFP)

L'Afrique du Sud s'apprête à lancer une campagne de dépistage de la turberculose dans ses mines d'or où la proportion de turberculeux est la plus élevée au monde, a-t-on appris mardi lors d'une table ronde à Johannesburg organisée par la mission StopTB Partnership.

"Notre intention est de lancer un plan très ambitieux de dépistage dans les mines, en priorité les mines d'or", a indiqué le Dr David Mametja, responsable du plan national contre la tuberculose au ministère sud-africain de la Santé.

La campagne démarrera le 24 mars, journée mondiale contre la tuberculose.

"Le but est de démontrer qu'on peut dépister les gens et les mettre sous traitement, et d'inciter les mineurs à se signaler immédiatement" dès les premiers symptômes, a ajouté le haut fonctionnaire.

La tuberculose est une maladie curable mais mortelle si elle n'est pas soignée et éminement contagieuse: un malade contamine de 10 à 15 personnes par an.

En général, elle est associée à la pauvreté, mais dans les mines d'Afrique du Sud, elle n'a rien d'un phénomène marginal et la turberculose y tue deux fois plus que les accidents du travail.

Elle touche 3.000 mineurs pour 100.000, selon un chiffre admis y compris par les industriels de la chambre des mines, représentés lors de la table ronde.

"C'est bien plus élevé que le taux enregistré au Swaziland, qui a le record du monde de la tuberculose", a souligné M. Mametja."Et l'impact va bien au-delà des frontières de l'Afrique du Sud à cause des conséquences sur les familles" de travailleurs migrants, a-t-il ajouté.

Par comparaison, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) fixe le seuil épidémique à 295 cas pour 100.000 habitants.

"Environ 600.000 ouvriers travaillent dans le secteur minier en Afrique du Sud, dont 100.000 intérimaires, qui constituent la population la plus vulnérable.Ce n'est pas faisable de dépister tout le monde, c'est pourquoi nous proposons de nous concentrer sur les mines d'or, soit 160 à 170.000 mineurs", a précisé le Dr Mametja.

Les mines d'or sont en effet "le secteur le plus problématique", notamment parce que les installations sont plus anciennes, comparées aux mines de platine.