Afrique du Sud: le président Ramaphosa convoqué par une commission anticorruption

Par AFP

AFRICA RADIO

Le président sud-africain Cyril Ramaphosa, qui a fait de la lutte anti-corruption un cheval de bataille, témoignera en avril devant la commission chargée d'enquêter sur le pillage de l'argent public lorsque son prédécesseur, Jacob Zuma, était au pouvoir, a annoncé mercredi cette commission.

Le chef d'Etat est convoqué pendant quatre jours, les 22, 23 et 28, 29 avril, a précisé le président de la commission, le juge Raymond Zondo, lors d'une audience retransmise à la télévision."Le président a indiqué qu'il serait prêt à témoigner et être interrogé sur toutes les questions faisant l'objet d'une enquête de la commission", a-t-il déclaré.Cyril Ramaphosa témoignera en sa qualité de dirigeant du parti au pouvoir, le Congrès national africain (ANC), ainsi qu'en tant que président et ancien vice-président du pays (2014-2018). Confirmant sa présence, la présidence a rappelé dans un communiqué que M. Ramaphosa avait à de nombreuses reprises "exprimé sa volonté de témoigner".Des dizaines de ministres ou ex-ministres, élus, hommes d'affaires ou hauts fonctionnaires ont déjà été entendus, déballant au grand jour le linge sale de l'ère Zuma (2009-2018).Depuis la création de la commission en 2018, M. Zuma multiplie les manoeuvres pour éviter de témoigner, empilant les recours ou faisant valoir son droit au silence.Le mois dernier, après un énième faux-bond, la commission a réclamé deux ans de prison à l'encontre de l'ex-président sud-africain pour refus de témoigner, auprès de la Cour constitutionnelle, la plus haute juridiction du pays. Cette requête sera examinée jeudi. Début mars, les hauts dirigeants de l'ANC se sont entretenus avec M. Zuma, pendant plusieurs heures en ligne, sur son refus de témoigner. Le parti a récemment affirmé que tous ses membres doivent collaborer avec la commission anti-corruption.Englué dans les scandales, l'ex-président avait été poussé à la démission en 2018. Il n'a témoigné qu'une seule fois devant la commission, en juillet 2019. Il avait rapidement claqué la porte, s'offusquant d'être traité comme un "accusé".