Afrique du Sud/platine: les grévistes veulent reprendre le travail, selon Lonmin

3 avril 2014 à 11h07 par La rédaction


Johannesburg (AFP)

La plupart des mineurs sud-africains du troisième producteur mondial de platine Lonmin voudraient mettre fin à leur grève, entrée jeudi dans sa 11e semaine, a affirmé le directeur général du groupe britannique.

"La plupart des travailleurs disent qu'ils veulent revenir travailler", a déclaré jeudi le directeur général Ben Magara, dont les services ont sondé 20.000 de ses 23.000 grévistes.

Parmi ceux qui ont répondu au SMS de la direction, 6.500 se sont déclarés satisfaits de son offre, de même que 67% de ceux qui ont répondu au même sondage envoyé par message vocal automatique.

"Ce que nous voyons, c'est que nos employés font de plus en plus pression pour revenir au travail", a déclaré M. Magara, alors que le syndicat radical Amcu, initiateur de la grève, s'apprêtait à manifester sous ses fenêtres.

Près de 80.000 travailleurs des trois principaux producteurs mondiaux de platine, Anglo American Platinum (Amplats), Impala Platinum (Implats) et Lonmin ont cessé le travail le 23 janvier à l'appel d'Amcu dans le bassin minier de Rustenburg (nord).

Ils réclament plus du doublement du salaire de base à 12.500 rands (850 euros) par mois.

Amcu a accepté d'arriver aux 12.500 rands en quatre ans, mais a refusé de transiger sur le montant.Les trois groupes jugent totalement irréaliste une telle revendication qui correspondrait à des augmentations d'environ 30% par an, et proposent 9%.

"On ne peut pas se permettre ces 30%, il n'en est pas question", a répété Ben Magara jeudi.

Un mineur du bas de l'échelle gagne chez Lonmin un salaire de base mensuel de 5.713 rands, une somme portée à 9.790 rands (670 euros) avec les différentes primes et avantages, d'après la direction.

Selon la confédération syndicale Cosatu, plus de la moitié des travailleurs sud-africains gagnent moins de 3.000 rands (200 euros) par mois, tandis que près de 40% de la population active n'a pas de travail.

Les mines sud-africaines avaient déjà été secouées par une vague de grèves en 2012 et le conflit chez Lonmin avait fait une cinquantaine de morts, dont 34 grévistes abattus par la police à la mine de Marikana (nord).

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