Algérie/Hirak: demande d'enquête sur des allégations de torture

Par AFP

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La Ligue algérienne de défense des droits de l'Homme (LADDH), faisant état de témoignages, a renouvelé mardi son appel à l'ouverture d'enquêtes et d'instructions judiciaires sur des cas de torture à l'encontre de militants du mouvement pro-démocratie du Hirak.

Dans une déclaration à l'AFP, le vice-président de la LADDH, Saïd Salhi, a estimé qu'il y avait "urgence" face à une situation "inquiétante"."De nouveaux cas ont été "révélés ces derniers jours. C'est inquiétant, d'où l'urgence d'une réponse des autorités politiques et judiciaires pour faire barrage à ces dérives graves", a expliqué M. Salhi.Le témoignage éprouvant d'un étudiant de 25 ans, Walid Nekkiche, lors de son procès le 1er février, a choqué et suscité une vive indignation en Algérie et au delà. Il a dit avoir été "agressé sexuellement, physiquement et verbalement" par des éléments des services de sécurité pendant une garde à vue. Le parquet général a ensuite annoncé l'ouverture d'une enquête -- confiée à la justice militaire -- "dans le but d'établir la vérité sur ce qui ce serait passé"."La réaction du ministère public pour l'ouverture d'une enquête aurait pu rassurer. Malheureusement, nous n'avons aucune nouvelle à ce sujet. Pire, cela n'a pas empêché d'autres cas", a regretté M. Salhi.Dans un communiqué, publié lundi soir, la LADDH a affirmé que "les révélations des militants du Hirak mettant en accusation les services de sécurités pour actes de torture et de viol, lors de la garde à vue ou en détention, se poursuivent alors que la torture est formellement interdite et punie par la loi"La Ligue cite les noms de Bousekkine Nabil et Ayoub Chahtou, qui ont déclaré avoir été "victimes de violences physiques" lors de leur garde à vue, après leur interpellation lors des marches hebdomadaires du Hirak vendredi dernier.Relevant qu'"aucune plainte, aucun procès n'ont abouti", l'ONG se demande "si ce silence des autorités n'encourage pas de telles dérives". La LADDH exhorte le pouvoir à "assumer ses obligations de respect de la dignité humaine, de la protection des citoyens et des justiciables".L'Algérie a ratifié en 1989 la Convention internationale contre la torture, qui est bannie par le code pénal et la Constitution du pays.