Attentat contre Habyarimana: l'opposition rwandaise veut une enquête internationale

Par La rédaction

KIGALI (AFP) - (AFP)

 L'opposition rwandaise en exil a exigé mercredi une enquête internationale, après la présentation d'un rapport d'expertise français qui exonère de fait les proches de l'actuel président Paul Kagame de l'attentat d'avril 1994 contre l'avion de l'ex-chef d'Etat Juvénal Habyarimana.

"Nous encourageons la justice française à poursuivre ses enquêtes et demandons une enquête internationale sur cet attentat terroriste", écrivent dans un communiqué le Congrès national rwandais (CNR) et les Forces démocratiques unifiées (FDU).

Le CNR est principalement animé par d'anciens compagnons d'armes du président Paul Kagame tandis que les FDU sont dirigées par Victoire Ingabire, une responsable politique hutu actuellement jugée à Kigali notamment pour complicité de terrorisme.

Un rapport d'experts commandé par deux juges d'instruction français a conclu que les missiles qui ont abattu l'avion présidentiel le 6 avril 1994, et déclenché le génocide, avaient été tirés depuis le camp militaire de Kanombe tenu par les forces régulières rwandaises, ont rapporté mardi les avocats assistant à la présentation du document.

Le gouvernement rwandais, issu de la guerilla tutsi du Front patriotique rwandais (FPR) qui a renversé en juillet 1994 le régime extrémiste hutu auteur du génocide, a estimé que ce rapport "rendait justice" à sa version des événements.

Pour Kigali, le rapport confirme que "l'attentat contre l'avion était un coup d'Etat mené par des extrémistes hutu", hostiles aux négociations menées par Habyarimana avec la guerilla tutsi.

 La mort d'Habyarimana a été l'élément déclencheur d'un génocide qui a fait, selon l'ONU, environ 800.000 morts entre avril et fin juin 1994, essentiellement des Tutsi.

"Considérant le niveau d'infiltrations et de déploiements par la rébellion d'agents secrets dans la ville de Kigali et ses environs, nous ne doutons pas un instant que le FPR ait été en position de monter une telle opération dans la plupart des points de tirs suspects" mentionnés par le rapport d'expertise, affirment au contraire le CNR et les FDU.