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Attentat de Lockerbie: les juges délibèrent sur l'appel de la famille de l'unique condamné

26 novembre 2020 à 18h32 Par AFP
Cinq juges écossais ont commencé jeudi à délibérer sur le cas d'Ali Mohamed al-Megrahi, Libyen condamné de son vivant pour l'attentat meurtrier de Lockerbie en 1988, dont la famille a fait appel contre sa condamnation à vie, à titre posthume. Le juge Colin Sutherland a indiqué jeudi que le jury rendrait son verdict "aussi vite que possible", après trois jours de plaidoiries à la Haute Cour de justice d'Edimbourg, où la famille de cet unique condamné a fait tout pour prouver son innocence dans l'attentat à la bombe contre le Boeing 747 de la Pan Am. L'appareil, qui reliait Londres à New York, avait explosé le 21 décembre 1988 au-dessus du village écossais de Lockerbie, tuant 270 personnes. Il s'agit de l'attentat le plus meurtrier jamais commis sur le territoire du Royaume-Uni.Agent des services de renseignement libyens, Megrahi avait été condamné à la prison à vie en 2001, par une cour spéciale écossaise établie en terrain neutre aux Pays-Bas, avec un minimum de 27 ans. Jusqu'à sa mort en 2012, il avait toujours clamé son innocence.En mars, saisie par la famille du Libyen, la Commission écossaise de révision des condamnations pénales (SCCRC) avait décidé de saisir la Haute Cour de justice, n'excluant pas une "erreur judiciaire".Cette commission avait estimé que le verdict était "déraisonnable" en raison de la faiblesse des preuves produites pour retenir la culpabilité de Megrahi. Jeudi, l'avocat Ronald Clancey a au contraire essayé de prouver lors d'une audience en vidéoconférence, pandémie oblige, que les juges à l'origine de sa condamnation disposaient de suffisamment de preuves. Il a souligné que M. Megrahi avait utilisé un faux passeport pour se rendre à Malte, d'où un avion transportant la bombe était parti en amont de l'attentat. Sa condamnation à partir de cette "preuve importante" était "une conclusion tout à fait légitime à tirer", a plaidé l'avocat. La veille, l'avocate de la famille avait elle soutenu que l'identification par un témoin de M. Megrahi, décisive dans sa condamnation, n'avait "aucune valeur" car intervenue après que le témoin eut vu une photographie de l'accusé dans un article de presse le présentant comme le possible auteur de l'attentat. Claire Mitchell avait aussi affirmé "qu'aucun jury raisonnable" n'aurait pu déclarer M. Megrahi coupable, alors qu'il subsistait des doutes sur les dates de sa visite à Malte. cdu/fjb