Au moins 8 morts dans une forte explosion dans le Nord du Nigeria

Par La rédaction

LAGOS (AFP) - (AFP)

Une puissante explosion d'origine indéterminée a frappé mercredi la ville de Kaduna, dans le Nord du Nigeria, tuant au moins huit personnes et en blessant beaucoup d'autres, ont indiqué des responsables des secours.

"Au moins sept corps ont été emportés à la morgue, tandis que plusieurs blessés recevaient des soins dans les hôpitaux", a indiqué Yushau Shuaib, le porte-parole de l'agence nationale de secours.

"L'un des morts est un jeune enfant de trois ans", a-t-il ajouté.

La police a initialement déclaré que l'explosion semblait accidentelle, mais l'hypothèse d'une bombe s'est renforcée en raison de l'intensité de la déflagration et de l'étendue des dégâts et le nombre de magasins détruits mentionnés par des témoins.

Le porte-parole de l'Agence nationale de secours, Yushau Shuaib, a décrit une zone jonchée de corps mutilés, dont des parties éparses étaient ramassées par les secours.

L'explosion a causé la panique dans cette ville déjà touchée par des attentats à la bombe pendant les violences qui ont suivi les élections générales d'avril.

Les habitants ont rapporté que l'explosion s'était produite dans une partie de la ville peuplée majoritairement de chrétiens igbos (ou ibos).

"Il y a eu explosion d'une bonbonne de gaz dans un petit commerce du quartier et les rumeurs ont couru qu'il s'agissait d'une attentat à la bombe", a déclaré au téléphone Abdullahi Ibrahim, un marchand de métaux.

"Comme ce quartier est peuplé majoritairement de chrétiens igbos, les gens ont cru que l'explosion les visait.Il y a eu des scènes de panique dans quelques endroits de la ville", a-t-il ajouté.

Un autre habitant a confirmé ce récit.Un journaliste local a rapporté avoir vu deux hommes à moto lancer un objet ressemblant à une bombe, l'un des deux hommes ferait partie des victimes, mais l'information n'a pas été confirmée.

A la suite des élections générales d'avril, le nord du Nigeria, particulièrement Kaduna, avait connu trois jours de violences qui avaient fait 800 morts, selon les organisations de défense des droits de l'homme.

Le nord du Nigeria est aussi le lieu privilégié des attaques de la secte islamiste Boko Haram, qui réclame l'application stricte de la charia (loi islamique).

La secte a multiplié ces derniers mois assassinats et attentats.Le 26 août le mouvement islamiste a revendiqué un attentat suicide contre le siège de l'ONU en plein coeur de la capitale Abuja (centre), faisant 24 morts.

Début novembre, Boko Haram avait revendiqué une série d'attaques ayant fait plus de 150 morts à Damaturu (nord-est).Le Nigeria est pays le plus peuplé du continent africain avec quelque 160 millions d'habitants, majoritairement musulmans dans le nord, principalement chrétiens dans le sud.