Ben Ali relève la subvention de l'Etat aux partis d'opposition

Par La rédaction

TUNIS (AFP)

Le président tunisien Zine El Abidine Ben Ali a décidé dimanche de relever la subvention de l'Etat aux partis d'opposition et à leur journaux, s'engageant à promouvoir leur participation à la vie politique.

"Nous annonçons notre décision de relever de nouveau la subvention de l'Etat destinée aux partis politiques et à leur presse", a-t-il précisé lors d'un discours à l'occasion de 23e anniversaire de son arrivée au pouvoir.

Le chef de l'Etat s'est engagé aussi à élargir la participation politique de ces partis et leur présence dans les médias, affirmant que "la liberté d'expression est garantie par la Constitution".

"L'opinion différente et la critique sont respectées", a assuré M. Ben Ali, démentant qu'un récent amendement de la loi vise à limiter ces libertés.

Une disposition législative, adoptée en juin dernier pour réprimer les actes jugés contraires aux intérêts économiques du pays à l'étranger, a été dénoncée par l'opposition et des défenseurs des droits de l'Homme qui réclament son abrogation en estimant qu'elle "vise à criminaliser leur actions".

Il s'agit selon M. Ben Ali de "la pure désinformation car le dit amendement ne vise que les individus qui porteraient délibérément atteinte aux intérêts vitaux et à la sécurité économique du pays".

Il a également annoncé de nouvelles réformes touchant le système judiciaire notamment la suppression des avis de recherche émanant de la police judiciaire, l'élaboration d'un projet de loi fixant la durée maximum de la garde à vue de la personne recherchée en vertu d'un mandat d'amener et le délai de sa présentation à la juridiction compétente.

S'agissant de la crise qui paralyse l'activité la Ligue tunisienne de défense des droits de l'Homme depuis des années, M. Ben Ali affirmé que cette association était en proie à un conflit interne.

Il a fixé un délai de six mois pour que cette association reprenne ses activités "au-dessus des calculs personnels et partisans étriqués (..) à l'abri de toute instrumentalisation (..) sans exclusion ni exclusive".

M. Ben Ali, 73 ans, dont le régime est souvent accusé de violations des droits et libertés, a succédé il y a 23 ans à Habib Bourguiba qui s'était proclamé "président à vie" avant d'être destitué pour "sénilité" en novembre 1987.