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Burkina: le CICR alarme sur une "érosion du respect du droit humanitaire"

02 juillet 2020 à 22h11 Par AFP
Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) s'est alarmé jeudi d'une "érosion du respect du droit humanitaire" au Burkina Faso, au lendemain de la découverte de sept corps de présumés terroristes criblés de balles dans l'est du pays. "Depuis plusieurs mois, le Comité international de la Croix-Rouge est alarmé par une érosion du respect du droit international humanitaire (DIH) au Burkina Faso (...). Le CICR appelle toutes les parties et acteurs de violence à faire preuve de retenue, notamment auprès des personnes qu'ils capturent", a écrit l'ONG dans un communiqué. A la suite d'une opération militaire menée le 29 juin à Boumoana, près de Tanwalbougou, dans la région de l'est, "sept individus morts par balles auraient été découverts par les habitants", a indiqué le ministère de la Défense qui a annoncé l'ouverture d'une enquête administrative. "Si la responsabilité d'éléments des forces de défense et de sécurité était établie, les auteurs répondront de leurs actes", a assuré le directeur de la communication du ministère de la Défense, le colonel Jean Arthur Idriss Diasso."Nous nous adressons en particulier aux forces de défense et de sécurité, aux groupes armés quels qu'ils soient, aux volontaires engagés dans le conflit. Tous doivent respecter la vie et la dignité humaine, en tout temps et sans distinction", a déclaré, de son côté, le chef de la délégation du CICR au Burkina Faso, Laurent Saugy.Les forces de l'ordre burkinabè ont été plusieurs fois accusées depuis trois ans de graves bavures et d'exécutions extrajudiciaires de civils dans leur lutte contre les groupes jihadistes.Le 12 mai, 12 personnes parmi 25 ayant été arrêtées pour "suspicion de faits de terrorisme" étaient mortes dans leurs cellules de la gendarmerie de Tanwalbougou.Selon des proches des victimes, dont un député, et des ONG, ces 12 personnes étaient en fait des civils pris dans une rafle qui ont été exécutés sommairement d'une balle dans la tête. Le procureur a exlu cette hypothèse.Le Burkina Faso est en proie à de fréquentes attaques jihadistes, souvent entremêlées à des conflits intercommunautaires. Ces attaques ont fait plus de 1.000 morts depuis 2015, et contraint près d'un million de personnes à fuir leurs foyers.