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Burundi: 84 ONG internationales se conforment aux nouvelles règles des autorités

04 janvier 2019 à 15h09 Par AFP
Quelque 84 ONG internationales sur les 140 présentes jusqu'ici au Burundi s'étaient conformées au 31 décembre à la nouvelle loi qui encadre strictement leurs activités, a appris l'AFP vendredi de sources concordantes. "A la date du 31 décembre, 84 ONGE (Organisations non gouvernementales étrangères) s'étaient déjà mises en conformité avec la nouvelle loi en déposant les documents exigés et ont déjà repris leurs activités", a déclaré à l'AFP un haut responsable du ministère de l'Intérieur, sous couvert d'anonymat.Parmi ces ONG figurent l'International Rescue Committee, Catholic Relief Services, Action Aid, International Corps, Caritas International ou Save the Children Holland, selon la même source.Fin septembre, le pouvoir du président Pierre Nkurunziza avait suspendu pendant trois mois les activités des ONG étrangères oeuvrant au Burundi, le temps qu'elles se conforment à une nouvelle loi prévoyant notamment un strict contrôle de leurs finances, des frais administratifs et des quotas ethniques, à savoir l'emploi de 60% de Hutu et de 40% de Tutsi, comme dans l'administration.Récemment, M. Nkurunziza avait promis que les ONG qui ne se plieraient par à ces nouvelles règles seraient "définitivement radiées".Plusieurs ONG s'y sont opposées en expliquant qu'elles refusaient notamment de procéder à un recensement ethnique de leurs personnels, en contradiction avec leurs "valeurs".L'ONG belge 11.11.11 et Avocats sans frontières sont les seules à avoir déjà fermé officiellement leurs portes, mais "il y en a encore une trentaine qui n'ont pas accepté ces conditions et sont prêtes à fermer définitivement s'il le faut", selon une source humanitaire qui a requis l'anonymat.En dépit de l'intransigeance affichée par le pouvoir burundais, plusieurs ONG internationales continuaient de travailler jusqu'à vendredi, alors même qu'elles n'avaient toujours pas indiqué si elles appliqueraient ou non les quotas ethniques."A ce jour nous n'avons pas reçu la confirmation du renouvellement de notre inscription au Burundi, (mais) nous continuons à fournir des services de santé", a tweeté il y a trois jours MSF, qui entretient notamment un grand hôpital chirurgical à Bujumbura.L'ONG MSF était engagée vendredi dans une campagne médicale contre une épidémie de choléra dans la ville de Rumonge (sud), a confirmé à l'AFP un haut cadre du ministère de l'Intérieur qui a également assuré que "l'ONG n'a pas signé le document sur l'équilibre ethnique"."Les discussions qu'on a eues hier (jeudi) avec son représentant n'ont rien donné", a-t-il ajouté.Des sources humanitaires et diplomatiques regrettent par ailleurs que cette nouvelle loi ait permis au gouvernement "de mettre dehors" les dernières ONG internationales qui étaient opérationnelles dans le domaine des droits de l'Homme et de la gouvernance et qui "irritaient le pouvoir".