Cameroun: des ONG demandent plus de suivi de l'exploitation des mines

Par La rédaction

YAOUNDE (AFP)

Une coalition de dix ONG camerounaises a appelé les députés à "s'engager" dans le suivi de l'exploitation des ressources minières, a constaté un journaliste de l'AFP.

"Les députés doivent s'engager" dans le suivi des industries extractives parce qu'elles représentent "un pan important de l'économie du Cameroun", a déclaré, lors d'un "dîner parlementaire" mardi à Yaoundé, Valéry Nodem, membre de la coalition internationale Publiez ce que vous payez (PCVP) qui regroupe dans sa section camerounaise dix ONG.

Interrogé par l'AFP, M. Nodem a expliqué que le Cameroun se trouve à "un tournant de son histoire" car les puits de pétrole sont en train de s'épuiser et le pays s'apprête à exploiter "son potentiel minier et gazier".

Selon lui, les autorités camerounaises ont répertorié une trentaine de minerais avec "trois gisements d'importance mondiale" en cobalt/nickel, rutile et bauxite, et octroyé "plus de 100 permis" d'exploration et d'exploitation.

"Nous pensons que les députés ne devraient pas laisser se reproduire ce qui s'est passé avec le pétrole", a souligné M. Nodem, évoquant une gestion pétrolière "opaque", "non transparente" et qui "parfois n'a apporté que la dégradation environnementale et sociale".

Pour lui, les parlementaires "doivent adopter de nouvelles lois qui vont réformer le secteur extractif et s'assurer que le gouvernement fait efficacement son travail de contrôle" de l'exploitation des mines.

Ils devraient aussi "organiser des missions parlementaires sur des sites miniers (...) pour comprendre comment la ressource est gérée et quels sont les problèmes", a-t-il estimé.

"On se rend compte que le niveau d'information des députés est beaucoup plus bas que ce qu'on espérait", a-t-il regretté.

"Je suis convaincu qu'à l'Assemblée, on peut mieux interpeller le gouvernement pour notamment avoir un cadre réglementaire" pour une bonne gestion des ressources minières, a assuré un député présent au dîner, Adamou Saïdou.