Côte d'Ivoire: les victimes d'exactions peuvent donner leur avis à la CPI

Par La rédaction

LA HAYE (AFP) - (AFP)

Les personnes estimant avoir été victimes de crimes commis lors des violences post-électorales en Côte d'Ivoire peuvent indiquer à la Cour pénale internationale (CPI) si elles pensent qu'une enquête doit être ouverte, a annoncé vendredi le procureur de la CPI.

"Le procureur informe les victimes de violences post-électorales en Côte d'Ivoire qu'elles peuvent adresser leurs observations aux juges de la chambre préliminaire et leur indiquer s'il conviendrait d'ouvrir une enquête portant sur ces crimes présumés", a indiqué le bureau du procureur dans un communiqué.

Le procureur Luis Moreno-Ocampo, rappelant qu'il compte demander "prochainement" aux juges l'autorisation d'ouvrir une enquête sur les crimes commis en Côte d'Ivoire, a ajouté que les victimes ont 30 jours à partir de vendredi pour adresser leurs observations à la chambre préliminaire.

Le procureur n'est pas tenu d'attendre que les victimes aient adressé leurs observations pour demander l'ouverture d'une enquête, a assuré à l'AFP Florence Olara, une porte-parole du bureau du procureur.

"Au cas où les juges décideraient d'autoriser l'ouverture d'une enquête, les victimes auront également la possibilité de participer à la procédure et, à un stade ultérieur, de demander des réparations", a expliqué le bureau du procureur dans son communiqué.

Le président ivoirien Alassane Ouattara avait dans une lettre datée du 3 mai demandé à M. Moreno-Ocampo d'enquêter sur les "crimes les plus graves" commis lors des violences qui avaient suivi le second tour de l'élection présidentielle du 28 novembre 2010.

L'intronisation fin mai d'Alassane Ouattara comme nouveau président a constitué l'épilogue de la crise née du refus de Laurent Gbagbo de céder le pouvoir après sa défaite au scrutin de novembre 2010, refus qui a conduit à dix jours de guerre dans Abidjan et à l'arrestation de l'ex-président le 11 avril.

Les violences qui ont secoué le pays depuis l'élection de novembre aurait fait près de 3.000 morts, selon le nouveau pouvoir.