Côte d'Ivoire: nomination de la nouvelle commission électorale

Par AFP

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Les 15 membres de la nouvelle commission électorale indépendante (CEI) qui devra organiser la présidentielle de 2020 en Côte d'Ivoire, ont été dévoilés mercredi lors du conseil des ministres exceptionnel à Dimbokro (250 km au nord d'Abidjan).

Aucun membre du principal parti d'opposition, le Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI), qui refuse la nouvelle structure, ne figure dans le quota de l'opposition. La nouvelle CEI, adoptée fin juillet, comprend 15 membres, contre 17 auparavant: un représentant du président de la République, un du ministre de l'Intérieur, six de la société civile, six des partis politiques - équitablement répartis entre le pouvoir et l'opposition - et un représentant du Conseil supérieur de la magistrature. La société civile et l'opposition, qui réclamaient une réforme de la CEI, militaient pour une "CEI équilibrée" comprenant 15 représentants (cinq pour l'opposition, cinq la mouvance présidentielle et cinq pour la société civile) et ont critiqué la nouvelle organisation qu'ils estiment similaire à la précédente.La Cour africaine des droits de l'Homme avait rendu en 2016 un arrêt jugeant l'ancienne CEI déséquilibrée et demandant au gouvernement de changer sa composition.Les 3 membres de l'opposition sont Henriette Lajou, ancienne ministre de Laurent Gbagbo et candidate à la présidentielle 2015, Alain Dogou, ancien ministre de Laurent Gbagbo et Daudet Yapi-Yapo, ancien maire de Yakassé-Attobrou (100 km d'Abidjan), considéré comme proche de Gbagbo. A noter: Youssouf Bakayoko, le président de la précédente CEI qui symbolisait l'élection controversée de 2010-2011, n'a pas été reconduit alors qu'il avait présidé la présidentielle de 2015 ou le referendum constitutionnel de 2016.La crédibilité de la CEI est jugée cruciale en vue de la présidentielle de 2020 qui s'annonce tendue, dix ans après la crise post-électorale ivoirienne, qui s'était soldée par plus de 3.000 morts après le refus du président Gbagbo d'admettre sa défaite face à l'actuel chef d'Etat, Alassane Ouattara.