Crash au Soudan du Sud: les recherches des boîtes noires se poursuivent

Par La rédaction

Juba (AFP) Les autorités sud-soudanaises, aidées notamment par la Mission de l'ONU au Soudan du Sud (Minuss), recherchaient jeudi les boîtes noires de l'appareil qui s'est écrasé la veille à son décollage de Juba, faisant au moins 36 morts, ainsi que d'éventuelles autres victimes."Notre principal objectif désormais est de retrouver tous les corps et les boîtes noires, afin de lancer une enquête exhaustive sur ce crash", a déclaré le ministre sud-soudanais des Transports, Kwong Danhir Gatluat. "Une opération conjointe est en cours" avec des troupes du génie militaire du contingent japonais de la Minuss, pour "déterminer s'il reste des corps, mais aussi trouver les boîtes noires" sur le site de l'accident."Les recherches sont difficiles, mais le contingent (du génie) japonais nous a rejoint et utilise des engins pour déplacer les débris de l'avion afin qu'on puisse voir s'il reste des corps", a-t-il expliqué.Des plongeurs bangladais de la Minuss ont également dragué le Nil-Blanc, à proximité duquel l'appareil s'est écrasé.Le nombre exact de personnes à bord de cet avion-cargo reste inconnu, comme la nature de sa cargaison.La Croix-Rouge sud-soudanaise avait indiqué mercredi avoir récupéré 36 corps sur le site du crash, une petite île, mais ne pas exclure que d'autres victimes restent coincées sous des débris trop lourds pour être déplacés sans engins, dont la configuration du site avait jusqu'ici compliqué l'acheminement.Selon la Croix-Rouge, toutes les victimes se trouvaient à bord et personne n'a été blessé au sol par l'accident, bien que l'appareil se soit écrasé à quelques dizaines de mètres de hameaux agricoles.L'équipage de ce type d'appareil, un Antonov An-12 de conception soviétique, est généralement constitué de cinq ou six personnes.Il n'est pas censé transporter de passagers, mais il n'est pas rare dans certaines régions d'Afrique, que des avions-cargos volant vers des zones reculées embarquent des passagers, sans qu'ils soient toujours inscrits sur le manifeste de vol.L'appareil s'est écrasé quelques instants après son décollage à destination de Paloich, à 600 km au nord, dans l'Etat du Haut-Nil, un des principaux champs de bataille de la guerre civile qui ravage le Soudan du Sud depuis décembre 2013.L'avion, immatriculé au Tadjikistan, appartient à la compagnie aérienne tadjike Asia Airways, a indiqué à l'AFP le chef de l'aviation civile tadjike, Makhmadyusuf Rakhmonov.La société a précisé qu'il était exploité par une entreprise sud-soudanaise. Selon le logo de sa queue, il s'agit de la société de transport Allied Services, basée à Juba.Dans un communiqué le constructeur ukrainien Antonov a affirmé que l'appareil "ne devait pas être en service car les procédures" de rénovation et entretien "prévues par la réglementation n'avaient pas été suivies (...), y compris celles visant à assurer la sécurité".L'aéroport de Juba, la capitale du Soudan du Sud, accueille des vols commerciaux mais aussi un important trafic d'appareils militaires et d'avions-cargos qui transportent de l'aide à travers le pays, de la taille de la péninsule ibérique et quasiment dépourvu de routes asphaltées.Le Soudan du Sud est un des pays les moins développés au monde.Ravagé par des décennies de guerre de sécession contre Khartoum, il a proclamé son indépendance en juillet 2011.