Crise politique au Zimbabwe: l'Afrique du Sud va renvoyer des émissaires

Par AFP

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Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a annoncé lundi qu'il enverrait pour la seconde fois des émissaires au Zimbabwe dans les prochains jours afin d'aider à y résoudre la crise politique.

Trois hommes politiques sud-africains d'expérience se sont rendus au Zimbabwe début août après l'interdiction des manifestations antigouvernement et l'arrestation de plusieurs manifestants.La délégation, qui n'avait pas pu rencontrer les partis d'opposition, avait été aussi largement critiquée pour n'avoir pas réussi à aborder frontalement avec le président Emmerson Mnangagwa la répression croissante de toute contestation.Le gouvernement zimbabwéen a nié avec véhémence l'existence de toute crise au sein du pays."Le secrétaire général (du parti au pouvoir, le Congrès national africain) va parachever la délégation qui se rendra au Zimbabwe dans les jours à venir et qui rencontrera le parti au pouvoir" a affirmé M. Ramaphosa lors d'une conférence de presse virtuelle lundi."Lorsqu'ils seront là-bas, (les émissaires) devraient avoir l'opportunité de rencontrer d'autres acteurs politiques du Zimbabwe", a-t-il précisé avant d'ajouter: "Clairement, il est important que nous obtenions une vision aussi large que possible de ce qu'il se passe au Zimbabwe."Le président Mnangagwa est devenu de plus en plus hostile envers ceux qui le critiquent, depuis son accession au pouvoir en 2017, consécutive au coup d'Etat qui a renversé son prédecesseur, l'autocrate Robert Mugabe.En juillet, il avait promis "d'éliminer" les "pommes pourries" tentant de "diviser notre peuple", alimentant ainsi la crainte d'une plus grande répression parmi les militants et les figures de l'opposition déjà ciblées par le gouvernement.Le parti sud-africain d'opposition ActionSA a appelé le président Cyril Ramaphosa à prendre une position plus ferme envers Harare."Il est temps d'appliquer une diplomatie dure. Nous devons adopter les décisions les plus fortes et les plus rudes envers un gouvernement oppressif, et ne pas punir le peuple du Zimbabwe", a déclaré samedi le chef du parti et ancien maire de Johannesburg, Herman Mashaba.