Début de vacances cloués au sol pour des milliers de passagers d'Air Algérie

Par La rédaction

AEROPORT D'ORLY (AFP) - (AFP)

Des milliers de passagers d'Air Algérie entamaient leurs vacances cloués au sol, toujours bloqués jeudi dans les aéroports par la grève des personnels navigants de la compagnie algérienne qui a entraîné de nouvelles annulations de vols au quatrième jour de conflit.

Les six vols d'Air Algérie prévus jeudi au départ d'Orly ont été annulés, tout comme les deux vols prévus au départ de Roissy-CDG, selon une source aéroportuaire.Même chose pour cinq des six vols prévus à Marseille et les quatre vols prévus à Lyon.

Légère embellie toutefois, un avion turc affrété par Air Algérie a décollé d'Orly pour Alger à 11H30, avec à son bord 326 passagers "prioritaires" et déjà enregistrés, a-t-on appris de même source.Un autre avion devait décoller à 14H00 pour Tlemcen, avec une centaine de passagers.Air France a également mis à disposition un avion, prévu pour 16H00 à Orly.

A l'aéroport de Toulouse-Blagnac, deux vols d'Air Algérie étaient prévus vers Oran et Alger.

A l'aéroport d'Alger, le directeur général, Tahar Allache, a fait état en début de matinée de la présence "de monde, mais pas de pagaille", avec cependant "un seul vol programmé" sur les 13 ou 14 assurés quotidiennement par Air Algérie.

Jeudi, plusieurs médias algériens évoquaient le licenciement de dizaines de grévistes, sans qu'aucune information officielle ne filtre, et alors que les négociations entre Air Algérie et le personnel navigant en grève, qui réclame un doublement de salaire, sont au point mort.

En visite à Orly mercredi soir, le ministre chargé des Transports, Thierry Mariani, a affirmé que la France ne se mêlerait pas de la grève "totalement imprévue" à Air Algérie mais qu'elle veillerait à ce que "les passagers soient les moins pénalisés" en ce 14 juillet.

Des centaines de passagers ont encore dormi dans la nuit de mercredi à jeudi à l'aéroport d'Orly, transformé en dortoir et où régnaient jeudi matin fatigue et exaspération."Air Algérie, c'est fini", maugréaient plusieurs passagers, surveillés par de nombreux policiers.

En début de matinée, des employés de la compagnie invitaient les passagers prioritaires - dont les vols étaient prévus lundi, mardi ou mercredi - à s'enregistrer aux comptoirs d'embarquement.

"Les passagers du 11...du 12", ont-ils clamé aux voyageurs, les yeux rougis de fatigue, traînant des chariots remplis de bagages."Les enfants sont fatigués.On est là depuis cinq heures du matin hier (mercredi)", lance une dame."Laissez passer.On a des bébés d'un mois.", s'énerve un passager.

Vers 09H00, l'embarquement du vol était "terminé", selon un représentant d'Air Algérie, invitant les passagers à "revenir demain".

"On était venus hier.Il n'y avait pas de vol, on est repartis chez nous.Ce matin, on est arrivés à 7H00.A 8H30, on avait déjà les cartes d'accès.On a eu de la chance", estime Hayed Meziani, qui va pouvoir partir avec son mari et ses trois enfants."Ils arrivent à gâcher les vacances des gens alors qu'on paye cher, très cher", regrette Fatma Houari.

A Lyon, quelque 200 personnes ont passé la nuit dans les hôtels proches de l'aéroport, aux frais d'Air Algérie.Environ 60 personnes, dont des enfants, ont dormi à l'aérogare, selon la direction.

A l'aéroport de Lille-Lesquin, une vingtaine de passagers, sur les 400 qui devaient partir initialement jeudi, se sont présentés au comptoir d'Air Algérie: "ils sont inquiets, ils posent des questions auxquelles on n'a pas les moyens de répondre", a indiqué à l'AFP Mohammed Zerrouki, responsable régional d'Air Algérie, ajoutant: "jusqu'à preuve du contraire, il n'y aura pas de vol" ce jeudi.