Décès au Maroc d'un homme qui s'était immolé par le feu en Mauritanie

Par La rédaction

NOUAKCHOTT (AFP)

Un homme qui avait tenté de mettre fin à ses jours en s'immolant par le feu lundi à Nouakchott et avait été transféré au Maroc en raison de la gravité de ses blessures, est mort samedi matin à Casablanca (Maroc), a-t-on appris auprès de sa famille.

Une source médicale qui avait suivi à Nouakchott l'état de santé de cet homme, Yacoub Ould Dahoud, a de son côté déclaré que "les médecins n'ont pas réussi à lui sauver la vie, car selon eux plus de 95% de son corps était atteint de brûlures graves".

Yacoub Ould Dahoud, un homme d'affaires mauritanien de 43 ans, avait arrêté lundi sa voiture près la présidence de la République à Nouakchott, et s'était aspergé d'un liquide inflammable à l'intérieur de son véhicule, avant d'y mettre le feu, selon des témoins.

Selon des journalistes qu'il avait alertés quelques minutes auparavant pour les prévenir de son acte, il entendait agir ainsi parce qu'il était "mécontent de la situation politique du pays et en colère contre le régime en place".

Hospitalisé dans un premier temps dans un hôpital militaire de Nouakchott, il avait été transféré dès le lendemain dans une clinique privée de Casablanca où il est décédé samedi.

Le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz avait estimé jeudi que ce sont "la frustration et la désolation qui ont conduit" cet "homme riche" à commettre son geste face à un gouvernement qui mène une "lutte sans merci" contre "la gabegie et le détournement des deniers publics".

Un responsable de l'opposition, Mohamed Ould Mawloud, avait au contraire affirmé que M. Ould Dahoud "a été poussé sous la pression des injustices à agir de la sorte.Il a perdu le contrôle de ses nerfs sous l'effet des agissements d'un régime injuste dans son pays".

C'est en s'immolant par le feu qu'un jeune vendeur ambulant tunisien avait trouvé la mort, déclenchant mi-décembre dans son pays une révolte ayant abouti à la fuite du président Zine El Abidine Ben Ali après 23 ans de règne.

Depuis, de nombreuses immolations par le feu sont survenues dans plusieurs pays qui, au total, ont fait huit blessés et trois morts en Tunisie, Algérie, Egypte et Mauritanie.