Des dizaines de milliers de manifestants mobilisés au Caire

Par La rédaction

LE CAIRE (AFP)

Des dizaines de milliers de manifestants se trouvaient vendredi matin au Caire sur la place Tahrir et dans les rues près du Parlement, pour une nouvelle mobilisation massive contre le président égyptien Hosni Moubarak.

Des rassemblements se sont également formés en matinée devant le palais présidentiel et l'immeuble de la télévision d'Etat.

Parmi les milliers de manifestants anti-Moubarak ayant passé la nuit sur la place devenue symbole du la révolte, certains se sont réveillés tôt et, brandissant des drapeaux égyptiens, scandaient des slogans contre le président Moubarak qui s'accroche au pouvoir. Place Tahrir, beaucoup arboraient une attitude de défi après la déception de la veille provoquée par l'annonce du chef de l'Etat qu'il déléguait ses prérogatives au vice-président mais sans démissionner, déclenchant la fureur des manifestants.

"Trente ans après, on est fatigué de l'écouter, tout ce qu'on veut entendre, c'est qu'il va partir", affirme Mohammad Ibrahim, un instituteur de 42 ans venu d'Alexandrie (nord), la deuxième ville du pays, au 18e jour de la révolte. "Nous espérons qu'il y aura suffisamment de monde pour convaincre l'armée de le pousser à partir", dit-il.

Des centaines de milliers de manifestants sont attendus dans la journée après la prière du vendredi.

Face à la pression populaire qui ne faiblit pas, Hosni Moubarak, au pouvoir depuis près de 30 ans, a déclaré jeudi soir lors d'une allocution télévisée qu'il déléguait ses pouvoirs à son vice-président Omar Souleimane, mais sans démissionner.

Malgré la déception et le courroux, certains manifestants cependant ne manquaient pas d'humour.Au milieu de Tahrir, un âne géant a été dessiné au sol, avec à l'intérieur du dessin ce message: "Nous avons reçu ton message et nous savons que tu es un âne". Alors que la foule criait "l'armée et le peuple main dans la main", l'un des organisateurs a lancé: "Nous n'avons pas pris d'assaut le bâtiment de la télévision ou le Parlement car ils sont sous la protection de l'armée.Tout ce que l'armée protège, nous le protégeons".

Beaucoup entretiennent l'espoir que l'armée va forcer M. Moubarak à partir, notamment après l'annonce jeudi du conseil suprême des forces armées qu'il soutenait "les demandes légitimes du peuple" et examinait "les mesures" nécessaires pour protéger le pays.

Certains manifestants suggéraient vendredi d'intensifier le mouvement de contestation en portant leurs revendications jusque devant le palais présidentiel, dans la banlieue d'Heliopolis, ou devant l'immeuble de la télévision d'Etat.

"Je pense qu'aujourd'hui nous devons aller au palais.Ici, place Tahrir, c'est sans fin", estime Abdoul Aziz Habib, patron d'usine de 60 ans.