Des forces de sécurité déployées au Darfour après des violences

26 juillet 2020 à 17h08 par AFP

AFRICA RADIO

Des forces de sécurité vont être déployées dans la région soudanaise du Darfour, théâtre de violences tribales, pour y protéger "les citoyens et la saison agricole", a annoncé dimanche le Premier ministre Abdallah Hamdok.

Cette décision intervient après la multiplication de violences meurtrières, découlant de la question des terres entre tribus nomades arabes et agriculteurs issus de tribus africaines dans cette région de l'Ouest du Soudan.Au moins vingt paysans ont été tués vendredi au Darfour-Sud par des hommes armés alors qu'ils revenaient sur leurs champs après plus de 15 ans d'absence, selon un chef de tribu locale. "Une force conjointe de sécurité va être déployée dans les cinq Etats du Darfour pour assurer la sécurité des citoyens et (protéger) la saison agricole" qui dure de juillet à novembre, a indiqué dans un communiqué le Premier ministre après avoir reçu une délégation de femmes originaires du Darfour.Cette force conjointe comprendra des membres de l'armée et de la police.Les paysans tués vendredi avaient été autorisés à revenir sur leurs terres au terme d'un accord conclu il y a deux mois sous l'égide du gouvernement avec ceux qui s'y étaient installés durant le conflit au Darfour.Ce conflit, qui a éclaté en 2003 entre le régime à majorité arabe d'Omar el-Béchir et des insurgés issus de minorités ethniques s'estimant marginalisées, a fait des centaines de milliers de morts et des millions de déplacés selon l'ONU. Ces dernières années, il a baissé en intensité et, en 2019, M. Béchir a été renversé par l'armée sous la pression de la rue.Le nouveau gouvernement, issu d'un accord entre militaires et meneurs de la contestation, a entamé en octobre 2019 des pourparlers pour un accord de paix avec des groupes rebelles et ainsi mettre un terme aux conflits dans les régions du Darfour, du Kordofan-Sud et du Nil Bleu.Mais une violence endémique demeure, notamment dans la région agricole du Darfour, en raison des conflits relatifs à la terre, selon Adam Mohammad, expert de la région."La question de la terre est l'une des causes du conflit et elle demeure car durant la guerre, les paysans ont fui leurs terres et leurs villages pour aller dans des camps et des nomades les ont remplacés et s'y sont installés", affirme-t-il à l'AFP.Début juillet, des centaines de Soudanais avaient manifesté dans l'Etat du Darfour-Centre, appelant le gouvernement à assurer la sécurité de leurs propriétés après plusieurs meurtres et pillages.