Desmond Tutu appelle l'Ouganda à renoncer à la loi anti-homosexualité

Par La rédaction

Le Cap (AFP)

L'archevêque anglican sud-africain Desmond Tutu a appelé dimanche le président ougandais Yoweri Museveni à renocer à la loi anti-homosexuels, tout en renforçant, s'il le souhaite, les sanctions pénales contre le viol, la pédophilie.

"Mon appel au président Museveni est d'utiliser le débat dans son pays sur  la loi contre l'homosexualité comme un catalysateur pour renforcer la culture des droits de l'homme et de la justice en Ouganda", a dit Desmond Tutu, "très désemparé" que M. Museveni ait récemment changé d'avis.

Il lui a suggéré de plutôt renforcer les sanctions pénales contre les auteurs de viols, de crimes sexuels contre les enfants, et "si besoin", ceux qui sont impliqués dans la prostitution, "acheteurs ou vendeurs".

"Renforer ces domaines de la loi protègera certainement bien plus les enfants et les familles que de criminaliser les actes d'amour entre des adultes consentant", a-t-il ajouté.

Desmond Tutu a balayé l'argumentation de la présidence ougandais qui estime que, en l'absence de gène de l'homosexualité, l'amour entre personnes du même sexe est un comportement qui peut se désapprendre.

"Il n'y a aucune justification scientifique pour les préjugés et la discrimination, jamais.Et aucune justification morale non plus", a martelé Tutu.

"Les êtres humains sont très différents (...) et pourtant ils sont membres d'une seule famille, la famille des hommes, la famille de Dieu.Notre diversité nous oblige à être tolérant, empreints de compassion et respectueux les uns des autres", a-t-il dit.

L'homophobie est très répandue en Ouganda, pays où le christianisme fondamentaliste protestant de style américain fait des adeptes. 

Les hommes et femmes homosexuels y sont fréquemment soumis à des menaces ou subissent des violences.

L'Afrique du Sud n'est pas exempte de violences contre les homosexuels, notamment dans les townships noirs mais la Constitution de 1996 les place sur un pied d'égalité pour le mariage, l'adoption, le recours à une mère porteuse.

La loi sud-africaine, en rupture avec le régime répressif d'apartheid qui interdisait l'homosexualité et les relations entre personnes de couleur de peau différentes, est une exception sur le continent.Elle se distingue aussi par rapport à beaucoup d'autres pays du monde, hors d'Afrique.