Droits humains: Londres sanctionne quatre responsables zimbabwéens

2 février 2021 à 10h27 par AFP

AFRICA RADIO

Le ministère des Affaires étrangères britannique a annoncé lundi prendre des sanctions à l'encontre de quatre responsables de la sécurité au Zimbabwe, le Royaume-Uni leur reprochant de graves "violations contre les droits humains".

"Ces sanctions envoient le message clair que nous demanderons des comptes aux responsables de violations des droits humains les plus choquantes, y compris la mort d'innocents Zimbabwéens", a estimé le ministre des Affaires étrangères, Dominic Raab, dans un communiqué. Le ministre de la Sécurité Owen Ncube, le commissaire général de la police Gowin Matanga, l'ancien commandant de la garde présidentielle Anselem Sanyatwe et le directeur général de la Central Intelligence Organisation Isaac Moyo voient désormais leurs avoirs au Royaume-Uni gelés et ne peuvent plus voyager dans ce pays, a indiqué le ministère. Londres considère ces quatre hommes comme "responsables de graves violations des droits humains - dont la mort de 23 manifestants zimbabwéens" survenue lors de la répression étatique d'une manifestation en janvier 2019 et de protestations en août 2018.Cette décision, prise dans le cadre du nouveau régime de sanctions adopté après le Brexit, "vise des personnes hauts placées du gouvernement et non des Zimbabwéens ordinaires", a souligné M. Raab, qui cherche par là à "faire pression pour que les réformes politiques et économiques nécessaires bénéficient à tous les Zimbabwéens". Owen Ncube et Anselem Sanyatwe avaient déjà fait en mars 2020 l'objet de sanctions américaines.Selon un rapport d'une commission d'enquête dirigée par l'ancien président sud-africain Kgalema Motlanthe, les tirs à balles réelles lors de protestations survenues le 1er août, avant la proclamation de l'élection d'Emmerson Mnangagwa au premier tour de la présidentielle, étaient "injustifiés et disproportionnés". Six personnes avaient été tuées et 35 blessés.Un même "usage excessif et disproportionné de la force brute" avait été constaté par la Commission des droits humains du Zimbabwe dans la répression de la manifestation du 28 janvier 2019 contre une forte hausse des prix du carburant, causant la mort de 17 personnes, qu'elle avait jugée "évitable", et "aggravant la situation".Ces attaques avaient suscité l'indignation internationale contre le président Emmerson Mnangagwa, qui semblait initialement vouloir rompre avec la brutalité de son prédécesseur, le dictateur de Robert Mugabe, qu'il a évincé en novembre 2017.