Egypte: visite surprise de Sissi au Sinaï après des attentats meurtriers

Par La rédaction

Le Caire (AFP)

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a assuré samedi que la situation était "stable" dans le Sinaï, où il a effectué une visite surprise trois jours après des attentats meurtriers dans ce bastion du groupe Etat islamique (EI).

"Dire que tout est sous contrôle ne suffirait pas.La situation est totalement stable", a affirmé M. Sissi dans une allocution dans le nord du Sinaï retransmise à la télévision.

En uniforme militaire, l'ancien chef de l'armée s'est exprimé devant une assemblée de soldats pour, a-t-il expliqué, "saluer les héros des forces armées et leur exprimer ma reconnaissance".

Des affrontements sans précédent ont opposé mercredi dans la localité de Cheikh Zouweid l'armée à des combattants de la branche de l'EI en Egypte ayant lancé une série d'attaques contre des points de contrôle militaire.

L'armée a fait état de 17 soldats et 100 jihadistes tués dans ces violences.Mais des responsables avaient auparavant annoncé la mort de 70 soldats et civils.

Les attaques jihadistes se multiplient dans le nord du Sinaï depuis que M. Sissi, alors chef de l'armée, a destitué le président islamiste Mohamed Morsi le 3 juillet 2013.

Le chef de l'Etat a expliqué que l'objectif des attaques de mercredi était de marquer cet anniversaire en "annonçant l'établissement d'une province islamique dans le Sinaï", mais que le "complot avait échoué".

"Le Sinaï, c'est 60.000 kilomètres carrés.Rafah, Cheikh Zouweid, Al-Arich, ne représentent même pas 5% de sa superficie", a ajouté M. Sissi.

Le président a également critiqué la couverture des médias "qui ont présenté une fausse image de l'Egypte, de sa stabilité et de sa sécurité."

Des affrontements sporadiques opposent régulièrement jihadistes et soldats.Sur sa page Facebook, le porte-parole de l'armée a posté la vidéo montrant une frappe aérienne contre une position jihadiste intitulée "les frappes de la vengeance contre les rats de la terreur."

Dans la nuit de vendredi à samedi, trois civils, dont deux enfants, ont ainsi été tués dans la chute d'un obus sur leur maison à Cheikh Zouweid lors de tels combats.

Et samedi, un garçon de 5 ans a été tué dans l'explosion d'une bombe dissimulée en bord de route et visant des véhicules de l'armée et de la police à Rafah, à la frontière avec la bande de Gaza palestinienne, selon des responsables.Trois autres enfants et une femme ont été blessés dans l'explosion.

La plupart des attentats meurtriers de ces derniers mois ont été revendiqués par la "Province du Sinaï", branche de l'EI en Egypte.Se faisant autrefois appeler Ansar Beït al-Maqdess, ce groupe a changé de nom pour bien marquer son allégeance à l'EI.

Il a revendiqué des tirs de roquettes qui ont explosé vendredi dans le sud d'Israël sans faire de victime.

Le ministre des Affaires étrangères Sameh Choukri a accusé dans un communiqué la confrérie islamiste des Frères musulmans de M. Morsi d'être responsable des récentes attaques, notamment l'assassinat du procureur général Hicham Barakat dans un attentat à la bombe lundi.

"L'organisation internationale des Frères musulmans et les groupes qui lui sont affiliés ont déclaré la guerre à l'Egypte durant le mois sacré du ramadan", a affirmé M. Choukri.

La confrérie, qui a remporté les élections démocratiques en 2011 et 2012, nie avoir recours à la violence.