Ethiopie: réunion jeudi du Conseil de sécurité de l'ONU sur le Tigré (diplomates)

Par AFP

AFRICA RADIO

Le Conseil de sécurité de l'ONU tiendra jeudi une nouvelle réunion sur la situation humanitaire au Tigré, en Ethiopie, à l'initiative de l'Irlande, a-t-on appris mardi de sources diplomatiques.

Cette session se tiendra à huis clos en milieu de journée et il n'est pas sûr qu'elle donne lieu à l'adoption d'une déclaration commune, selon les mêmes sources.La dernière réunion du Conseil de sécurité sur le Tigré s'était tenue le 2 février pour réclamer davantage d'accès humanitaire. Les membres africains du Conseil de sécurité avaient toutefois refusé à l'avance l'idée d'un texte commun.Plusieurs autres membres du Conseil de sécurité se sont joints à la demande de l'Irlande d'une réunion, a précisé un diplomate sous couvert d'anonymat. Il s'agit de l'Estonie, de la France, de la Norvège, du Royaume-Uni et des Etats-Unis, qui ont réclamé mardi une enquête internationale sur des atrocités rapportées au Tigré.Depuis le déclenchement début novembre d'une opération militaire de l'armée éthiopienne dans cette région dissidente, le Conseil de sécurité n'a tenu que peu de réunions sur ce dossier, miné par des divisions entre notamment pays africains, pour qui il s'agit d'une affaire intérieure, et Occidentaux, pour qui la situation humanitaire et l'afflux de réfugiés dans des pays voisins imposent d'impliquer l'instance chargée de la paix et de la sécurité dans le monde.Une première réunion à huis clos s'était tenue le 24 novembre, sans production d'une déclaration commune, et une deuxième le 14 décembre, également à huis clos et sans texte conjoint, avant celle du 2 février.L'ONU a annoncé avoir passé plusieurs accords avec les autorités éthiopiennes, garantissant en principe "un accès total" à l'ensemble du pays, mais sans réelle concrétisation jusqu'à présent.Mardi, le porte-parole de l'Organisation, Stéphane Dujarric, a indiqué que "des autorisations de missions d'évaluation des besoins sont toujours en attente auprès des autorités"."Des centaines de milliers de personnes touchées (par les combats) n'ont pas pu être approchées, notamment dans les zones rurales du Tigré", a-t-il précisé lors de son point-presse quotidien."Plus de 80 travailleurs humanitaires ont reçu l'autorisation de se rendre au Tigré mais leurs permis sont pour des missions de courte durée", a-t-il regretté."Malgré les défis, les humanitaires sur le terrain s'emploient à accroître l'aide, avec quelques progrès réalisés, notamment en ce qui concerne l'aide alimentaire dans les principales villes", a précisé le porte-parole.Des ONG avaient appelé début 2021 le Conseil de sécurité à tenir une séance publique suivie d'une résolution exigeant la fin de l'obstruction à l'aide et une enquête immédiate sur les crimes de guerre qui auraient été commis dans la région dissidente de l'Ethiopie.