France: un juge examine la plainte du fils Gbagbo contre Guillaume Soro

4 mars 2013 à 16h50 par La rédaction

PARIS (AFP) - (AFP)

Un juge d'instruction français a été désigné pour examiner la plainte pour "enlèvement, séquestration, traitements inhumains et dégradants", déposée en juin 2012 par le fils de l'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, Michel Gbagbo, détenu en Côte d'Ivoire, a-t-on indiqué lundi de source judiciaire.

Michel Gbagbo, 42 ans, qui possède aussi la nationalité française, avait été arrêté avec son père le 11 avril 2012 à Abidjan, au moment de sa chute.Il est accusé d'infractions économiques, dont le détournement de deniers publics.

Après une première plainte simple qui avait été classée par le parquet de Paris, Michel Gbagbo a déposé en juin 2012 une plainte avec constitution de partie civile pour "enlèvement, séquestration, traitements inhumains et dégradants".

Cette plainte vise l'ancien Premier ministre Guillaume Soro, aujourd'hui président de l'Assemblée nationale ivoirienne et neuf commandants des Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI).

Dans un communiqué, l'avocate de Michel Gbagbo, Me Habiba Touré, a indiqué lundi que la justice française avait "désigné un juge d'instruction afin de faire la lumière sur les graves sévices dont il a été victime".

De source judiciaire, on a précisé que la juge d'instruction n'avait pas encore rendu l'ordonnance par laquelle elle dira si oui ou non elle enquête sur les faits dénoncés dans cette plainte.

Selon ses proches, Michel Gbagbo était jusqu'à la chute de son père enseignant et consultant pour un comité gouvernemental chargé d'organiser le retour des personnels de l'Etat dans les zones abandonnées pendant le conflit inter-ivoirien en 2002.

La Côte d'Ivoire a été plongée de décembre 2010 à avril 2011 dans une crise née du refus de Laurent Gbagbo de reconnaître sa défaite à la présidentielle de novembre 2010 face à M. Ouattara.La crise a fait quelque 3.000 morts.

L'ancien président, âgé de 67 ans, est actuellement détenu à La Haye par la Cour pénale internationale (CPI), qui le soupçonne d'être "co-auteur indirect" de crimes contre l'humanité durant ces événements.Il est le premier ex-chef d'Etat remis à la CPI.