Gabon: 15 mois d'arriérés de salaire, décès d'un employé malade d'Africa n°1

Par AFP

AFRICA RADIO

Un technicien de la radio Africa n°1 à Libreville est mort des suites d'une maladie qu'il n'a pu soigner convenablement, faute de moyens financiers, n'ayant pas été payé depuis 15 mois, ont affirmé mardi des employés de la radio à l'AFP.

Lionel Gaston Ndombi Mbadinga, 49 ans, se plaignait depuis plusieurs mois d'un "mal de dos", selon Joël Nguimbi, vice-président du Syndicat des communicateurs d'Africa n°1.Il n'a pu se rendre à l'hôpital "qu'à la dernière minute", six mois après l'apparition de ce mal qui s'est aggravé et a entraîné son décès samedi, ajoute Moudouma Ndzamva, membre d'un comité formé par 60 salariés d'Africa n°1 qui réclament le paiement de 15 mois d'arriérés de salaires.Sans confirmer directement le lien entre la mort de M. Mbadinga et ses difficultés financières, le directeur général d'Africa n°1, El Bashir Abubaker, interrogé par l'AFP, a reconnu que les arriérés de salaires ont des "conséquences difficiles" pour les agents dont certains ont été "expulsés de leur maison" ou sont "très malades". Les salariés réclament à l'Etat gabonais, actionnaire à hauteur de 35% de la radio, "de prendre ses responsabilités" en payant les salaires, selon Moudouma Ndzamva.Africa n°1, radio panafricaine créée en 1981 par l'État gabonais, était détenue depuis 2008 par l'organisme gouvernemental libyen Libyan Jamahiriya Broadcasting Corporation (LJBC), actionnaire principal de la radio à hauteur de 52%. Le Gabon détenait 35 % des parts, le reste revenant à des privés.A la désintégration de l'Etat libyen après la mort de son leader Mouammar Khadafi en 2011, Tripoli n'a plus honoré ses engagements. Le "processus de retrait" de l'actionnaire libyen "est en cours" mais "il n'est plus concerné par la situation financière de l'entreprise", a précisé le directeur général.Un plan social devant permettre le départ des salariés ne peut être appliqué, faute de l'argent nécessaire "pour renvoyer tout le monde", selon le syndicaliste Joël Nguimbi.Et même si les salariés d'Africa N°1 au Gabon voulaient reprendre le travail, ils ne le pourraient pas, "car tout le matériel a déjà été démantelé dans les studios", affirme de son côté Moudouma Ndzamva.En janvier 2016, le ministère de la Communication avait annoncé que l'Etat gabonais mettrait chaque mois 150 millions de Francs CFA (230.000 euros) à la disposition de la radio Africa n°1 afin de payer les salaires des employés.