Grève au Nigeria: un syndicat du pétrole menace d'interrompre la production

Par La rédaction

LAGOS (AFP) - (AFP)

Un syndicat des ouvriers du pétrole du Nigeria, le premier producteur de pétrole d'Afrique, a menacé mercredi d'interrompre la production de brut, alors que la grève contre la fin des subventions aux prix de l'essence se poursuit pour une troisième journée.

"Nous envisageons l'arrêt de la production du pétrole", a dit Tokunbo Korodo, chef d'un des deux syndicats des travailleurs du pétrole, le NUPENG (Syndicat nigérian des ouvriers du pétrole et du gaz naturel)."Nous attendons les résultats des discussions entre les confédérations syndicales et le gouvernement aujourd'hui.Si ce résultat n'est pas favorable, cela nous conduira à interrompre la production", a-t-il dit.

La grève nationale illimitée qui a débuté lundi a virtuellement mis le pays à l'arrêt et mis des dizaine de milliers de gens dans la rue au niveau national, mais la production d'hydrocarbures n'a pas été affectée jusqu'à présent.

Le Nigeria produit près de 2,4 millions de barils par jour.

 Les confédérations syndicales, à l'origine de la grève générale, exigent que le gouvernement rétablisse les subventions dont la suppression, le 1er janvier, a entraîné une brusque hausse des prix de l'essence qui affecte la plupart des Nigérians, tant pour les transports que pour l'alimentation des générateurs d'électricité.

Les autorités comptent ainsi réaliser 8 milliards de dollars (6,3 milliards d'euros) d'économies pour financer des infrastructures.

Mais le litre à la pompe est passé du jour au lendemain de 65 nairas (0,30 euro) à au moins 140 nairas alors que la majorité des Nigérians vivent avec moins de deux dollars par jour.

 Des dizaines de milliers de manifestants sont descendus dans la rue cette semaine pour protester contre le doublement du prix des carburants.

Au moins six personnes ont été tuées le premier jour du mouvement, notamment à l'occasion de heurts parfois violents entre manifestants et forces de l'ordre.

Dans le même temps, les violences interconfessionnelles se sont poursuivies dans ce pays comptant autant de musulmans (majoritaires dans le nord) que de chrétiens (vivant essentiellement dans le sud).