Guerre civile en Sierra Leone: l'ancien président du Liberia Taylor fixé sur sa peine

30 mai 2012 à 6h40 par La rédaction


LA HAYE (AFP) - (AFP)

L'ancien président du Liberia Charles Taylor sera fixé mercredi sur sa peine, après avoir été reconnu coupable le 26 avril de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre par le Tribunal spécial pour la Sierra Leone (TSSL).

Le juge samoan Richard Lussick lira un résumé de la décision à partir de 11H00 (09H00 GMT) lors d'une audience publique à Leidschendam, dans la banlieue de La Haye, où le procès de M. Taylor avait été délocalisé en 2006 pour des raisons de sécurité.

L'accusation avait "recommandé" le 3 mai une peine de 80 ans de prison, jugée "disproportionnée et excessive" par la défense de l'ancien président, premier ex-chef d'Etat condamné par la justice internationale depuis le tribunal militaire international de Nuremberg.

Charles Taylor, 64 ans, purgera sa peine en Grande-Bretagne en vertu d'un accord avec le TSSL, qui ne prononce pas de peine de prison à vie, mais fixe un certain nombre d'années de prison.Huit accusés du TSSL ont déjà été condamnés à Freetown à des peines allant de 15 à 52 ans de prison.

Président de la Sierra Leone de 1997 à 2003 et arrêté en 2006 au Nigeria, Charles Taylor avait été reconnu coupable le 26 avril de onze chefs de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre, dont viol, meurtre et pillage, commis entre 1996 et 2002 en Sierra Leone.

Si elles souhaitent interjeter appel du jugement et/ou de la peine infligée, la défense et l'accusation peuvent le faire au plus tard 14 jours après avoir reçu le texte complet de la décision sur la peine.Ce processus pourrait prendre plusieurs semaines.

M. Taylor a, selon les juges, "aidé et encouragé" une campagne de terreur visant à obtenir le contrôle de la Sierra Leone, dans le but d'exploiter ses diamants, pendant une guerre civile qui avait fait 120.000 morts entre 1991 et 2001, marquée par des nombreux actes de cannibalisme et mutilations.

En fournissant aux rebelles sierra-léonais du Front révolutionnaire uni (RUF) armes et munitions en échange de diamants, l'ex-président libérien a joué un rôle "crucial" dans les crimes commis par ces derniers, selon les juges.

Le procès de Charles Taylor s'était ouvert le 4 juin 2007 et achevé le 11 mars 2011.