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Guinée: 9 morts dans les manifestations selon le gouvernement

16 octobre 2019 à 20h53 Par AFP
Les manifestations en Guinée contre un éventuel troisième mandat du président Alpha Condé ont fait "environ neuf morts" depuis lundi, a indiqué mercredi soir le gouvernement, une "escalade de la tension" jugée préoccupante par la communauté internationale, qui a appelé les parties à "renouer le dialogue". "Il a été enregistré au total environ neuf cas de décès, dont huit dans notre capitale, ainsi que de nombreux blessés", a déclaré dans un communiqué le ministre de l'Administration du territoire, le général Bouréma Condé, alors que les autorités avaient jusqu'ici confirmé seulement la mort d'un habitant de Conakry et d'un gendarme."Ces manifestations non-autorisées, en plus des dégâts matériels importants, ont engendré des conséquences tragiques", a-t-il commenté."Le calme est revenu sur la quasi-totalité du territoire national et les forces de maintien de l'ordre s'évertuent à normaliser la situation dans les zones où des échauffourées persistent", a ajouté le ministre, alors que selon des témoins contactés par l'AFP, des heurts sont survenus dans plusieurs quartiers de Conakry mercredi, pour la troisième journée consécutive.Le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), coalition de partis d'opposition, de syndicats et d'associations de la société civile à l'origine des manifestations, dont huit dirigeants ont comparu dans la matinée, a dénombré 10 morts côté manifestants. Leur procès a été ajourné jusqu'à vendredi.A Kindia (ouest), le procureur a requis six mois d'emprisonnement à l'encontre de sept manifestants pour "participation à un attroupement interdit", a-t-on appris de source judiciaire. "Le gouvernement, depuis l'appel à manifester de l'opposition, en réalité une action de déstabilisation de l'Etat et de ses institutions et une sérieuse menace pour la sécurité nationale, a pris toutes les mesures appropriées destinées à préserver l'ordre public", a-t-il indiqué dans un communiqué séparé.Le gouvernement "réprouve" par ailleurs la "diffusion d'images et de vidéos montées de toutes pièces (...) pour alimenter les tensions, choquer l'opinion nationale et internationale, dégrader l'image du pays et des autorités publiques", mettant "en garde les auteurs et complices de cette propagande dangereuse".La communauté internationale a fait part dans la soirée de ses préoccupations."L'insuffisance de dialogue (...) provoque une escalade de la tension avec des recours à la violence, susceptible de porter gravement atteinte aux acquis démocratiques. Nous appelons tous les acteurs à renouer le dialogue" et à "faire preuve de calme et de retenue en bannissant tout recours à la violence ou un usage disproportionné de la force", indique un communiqué conjoint des représentants de l'ONU, de la Cédéao, de l'UE, des Etats-Unis et de la France."Une éventuelle libération rapide des personnes détenues de façon préventive serait de nature à aider à l'apaisement", suggèrent-ils.