Guinée équatoriale: la justice suisse confisque des véhicules du fils du président

Par AFP

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La justice suisse a annoncé jeudi le classement d'une procédure pour "blanchiment d'argent et gestion déloyale des intérêts publics" à l'encontre de Teodorin Obiang, fils du président de Guinée équatoriale, et de deux autres personnes, à qui 25 véhicules vont cependant être confisqués.

La loi suisse prévoit que le procureur public peut classer une procédure "lorsque le prévenu a réparé le dommage ou accompli tous les efforts que l'on pouvait attendre de lui pour compenser le tort qu'il a causé et rétablir une situation conforme à la loi"."La Guinée équatoriale a également accepté de verser à l'Etat de Genève la somme de 1,3 million de francs suisses (1,14 million d'euros, ndlr), notamment pour couvrir les frais de procédure", a indiqué jeudi le bureau du procureur du canton de Genève dans un communiqué.En outre, 25 véhicules de luxe séquestrés dans le cadre de la procédure ouvertes en 2016 par les autorités judiciaires genevoises sont "confisqués". "Ils seront vendus et le produit net de leur vente sera affecté à un programme à caractère social sur le territoire de la Guinée équatoriale", a-t-il ajouté.Au vu de ces éléments, le procureur genevois a décidé de classer la procédure et de lever le séquestre du yacht Ebony Shine, qui avait été bloqué en décembre 2016 aux Pays-Bas.La Guinée équatoriale, petit pays pétrolier d'Afrique centrale, est dirigée par le président Obiang, 76 ans, doyen mondial des chefs d'Etat en termes de longévité après 38 ans au pouvoir.Selon les observateurs de la vie politique équato-guinéenne, Teodorin Obiang est sur la voie de succéder à son père. En novembre 2018, il a pour la première fois présidé un Conseil des ministres.Teodorin Obiang est connu pour ses extravagances et est soupçonné de mener un train de vie somptueux grâce à des détournements de deniers publics, alors qu'une majorité d'Equato-guinéens vit dans la pauvreté.Il a été condamné en octobre 2017 à trois ans de prison avec sursis pour s'être frauduleusement bâti en France un patrimoine considérable (hôtel particulier parisien, voitures de course et de luxe, costumes de marque par dizaines, jets privés...), dans l'affaire dite "des biens mal acquis".