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Guinée: un opposant meurt en détention à Conakry

17 décembre 2020 à 17h00 Par AFP
Un opposant guinéen en détention depuis septembre à Conakry est mort dans la nuit de mercredi à jeudi, a-t-on appris auprès de sa famille, qui évoque "un crime d'Etat", tandis que le gouvernement a attribué son décès à une maladie. Roger Bamba, la quarantaine, était membre de la cellule de communication et responsable des jeunes de l'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), le principal parti d'opposition dirigé par Cellou Dalein Diallo.Principal adversaire du président Alpha Condé, qui a prêté serment mardi pour un troisième mandat, M. Diallo estime être le véritable vainqueur du scrutin présidentiel d'octobre, entaché selon lui de fraudes massives."Mon mari a été empoisonné. Il a été maltraité en détention. C'est un crime d'Etat", a accusé jeudi devant la presse son épouse, Christine Mamy.L'UDFG a affirmé jeudi dans un communiqué avoir appris la "triste nouvelle", ajoutant qu'il n'a "pas encore connaissance de la nature de sa maladie" qui l'aurait emporté.Le Front national pour la défense de la constitution (FNDC), une coalition de partis, d'organisations de la société civile et de syndicats opposée au 3e mandat d'Alpha Condé, a lui condamné "cet énième assassinat de prisonniers politiques".Roger Bamba est mort d'"une cirrhose du foie qui a ballonné son ventre et enflé (ses) pieds", a déclaré jeudi à l'AFP le responsable de la communication du ministère guinéen de la Justice. Dans un communiqué, le ministère "rappelle qu'il est du droit des familles et proches de faire une demande d'autopsie".M. Bamba avait été arrêté après "avoir échangé des textos (sur la situation politique) avec un inconnu qui a finalement porté plainte contre lui", a indiqué à l'AFP son épouse, sans plus de détails. La candidature de M. Condé a donné lieu à des mois de manifestations durement réprimées et de violences qui ont fait des dizaines de morts civils depuis un an et dans les jours suivant l'élection.Cinq figures de l'opposition, dont quatre membres de l'UFDG, sont en détention depuis novembre, accusées par les autorités d'être impliquées dans les violences autour de la présidentielle