L'armée soudanaise remet son rapport sur les protestataires tués en 2019

Par AFP

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L'armée soudanaise a remis samedi au procureur général les résultats d'une enquête sur les meurtres perpétrés lors des manifestations de 2019, après que des centaines de personnes eurent manifesté cette semaine pour demander que les responsables soient traduits en justice.

Mardi, des manifestants se sont rassemblés devant le quartier général de l'armée à Khartoum pour marquer les deux ans de la dispersion violente d'un sit-in, qui a fait des dizaines de morts et de blessés.Ils ont demandé aux autorités d'accélérer les enquêtes sur la dispersion, en 2019, du sit-in qui avait été initialement organisé pour demander l'éviction du président Omar el-Béchir.La sécurité a dispersé le rassemblement de mardi, tuant deux personnes et alimentant la colère des manifestants."Le général Abdel Fattah al-Burhan, chef du Conseil souverain de transition et commandant en chef des forces armées, a remis les résultats d'une enquête des forces armées sur les événements (...) au procureur général Tagelsir al-Hebr", a déclaré l'armée dans un communiqué.Ces résultats comprennent une liste de soldats soupçonnés d'être impliqués dans les événements ainsi qu'un ordre "de lever leur immunité"."Cela permettra au parquet général d'engager des procédures légales et de parvenir à des résultats définitifs", a précisé l'armée.Le sit-in de 2019 avait été organisé pour demander la fin du règne de trois décennies de Bachir qui a été chassé du pouvoir en avril 2019.Les manifestants avaient ensuite maintenu le campement pendant des semaines, exigeant le transfert du pouvoir des militaires aux civils.En juin 2019, des hommes armés en treillis militaire avaient violemment dispersé le camp. La répression qui avait duré plusieurs jours avait fait au moins 128 morts, selon des médecins liés au mouvement de protestation.Les généraux au pouvoir à l'époque ont nié avoir ordonné cette dispersion sanglante et ont ordonné une enquête sur les événements.Le Soudan est dirigé depuis août 2019 par une administration de transition à majorité civile, qui a promis de rendre justice aux victimes et à leurs familles.Fin 2019, un comité d'enquête dirigé par un éminent avocat a lancé une enquête indépendante sur les meurtres de protestataires, mais n'a pas encore terminé son enquête.