L'Union européenne menace la Côte d'Ivoire de "sanctions"

6 décembre 2010 à 11h53 par La rédaction

BRUXELLES (AFP)

La chef de la diplomatie de l'UE Catherine Ashton est prête à envisager des "sanctions" contre la Côte d'Ivoire si la crise politique née du deuxième tour de l'élection présidentielle n'est pas rapidement résolue, a indiqué lundi une de ses porte-parole.

"Catherine Ashton est prête à suivre les procédures qui prévoient des sanctions s'il n'y a pas une résolution rapide à cette situation de crise", a déclaré Angela Filote, au nom de la Haute représentante de l'Union européenne aux Affaires étrangères, lors d'un point de presse.

Elle n'a pas donné de détails sur le contenu de ces éventuelles sanctions.

L'aide au développement actuellement programmée par l'UE en faveur de la Côte d'Ivoire, sur plusieurs années, s'élève à 254,7 millions d'euros.

"La Haute représentante rappelle que les résolutions de l'ONU en vigueur (au sujet de la Côte d'Ivoire) prévoient des sanctions ciblées contre ceux qui font obstacle à la transition pacifique" dans le pays "et aux élections", a encore souligné la porte-parole.

"Elle est prête à suivre cette voie et elle est prête aussi à prendre des décisions en matière de coopération" avec Abidjan, a-t-elle ajouté.

Les responsables de l'Union européenne, à l'instar de la communauté internationale dans son ensemble, ont apporté leur soutien à Alassane Ouattara, qu'ils considèrent comme le "vainqueur légitime" de l'élection présidentielle en Côte d'Ivoire, face à son rival Laurent Gbagbo.

La Côte d'Ivoire est plongée dans la crise politique depuis le second tour de l'élection présidentielle, avec deux rivaux revendiquant le poste suprême, Alassane Ouattara et Laurent Gbagbo.

M. Gbagbo a été proclamé vendredi vainqueur de la présidentielle avec 51,45% des suffrages par un Conseil constitutionnel acquis à sa cause, qui a invalidé les résultats d'une Commission électorale indépendante (CEI) donnant son rival en tête avec 54,1%.

Les deux hommes ont prêté serment successivement samedi, M. Gbagbo lors d'une cérémonie au palais présidentiel et M. Ouattara par un courrier adressé au Conseil constitutionnel.

Le Sud-Africain Thabo Mbeki poursuivait lundi une médiation quasi-impossible alors que le fossé se creuse entre les deux présidents.

Le monde entier redoute un nouveau cycle de violences après des incidents meurtriers ces derniers jours.

Le président Nicolas Sarkozy a indiqué lundi qu'il était "très vigilant" concernant la sécurité des Français vivant en Côte d'Ivoire.

"J'ai eu une fois M. Gbagbo au téléphone (dans la nuit de vendredi à samedi, ndlr), je lui ai dit que c'est à lui de choisir le rôle qu'il veut jouer dans l'histoire et (qu')il doit laisser le pouvoir au président qui a été élu", a-t-il insisté, lors d'une visite en Inde.

Le gouvernement belge, pour sa part, a décidé d'envoyer douze soldats de ses "forces spéciales" en Côte d'Ivoire pour la protection de l'ambassadeur du royaume sur place et de son personnel diplomatique.