La CPI libère sous conditions un Kényan accusé de subornation de témoins

2 février 2021 à 7h51 par AFP

AFRICA RADIO

Un avocat soupçonné d'avoir soudoyé des témoins lors des poursuites de la Cour pénale internationale (CPI) contre le vice-président kényan William Ruto, finalement abandonnées en 2016, a été libéré sous conditions et autorisé à retourner au Kenya, a annoncé lundi la CPI.

Paul Gicheru s'était rendu le 2 novembre aux autorités néerlandaises afin de faire face aux accusations de la CPI - basée à La Haye - qui avait délivré un mandat d'arrêt contre lui en 2015 pour la corruption présumée de plusieurs témoins, afin qu'ils retirent leurs témoignages.M. Gicheru, qui nie ces accusations, avait été auditionné lors d'une audience préliminaire le 6 novembre par la CPI.Les juges ont répondu favorablement vendredi à sa demande de remise en liberté, jugeant que sa "reddition volontaire prouve sa volonté concrète de se soumettre à la juridiction de la Cour dans les allégations à son encontre", a détaillé la cour dans un communiqué. Il a été ramené au Kenya, où il a été formellement remis en liberté provisoire, a précisé à l'AFP un représentant du tribunal.Cette libération est soumise à "des conditions particulières réduisant sa liberté, dans l'attente de la confirmation des charges contre lui", a indiqué la CPI.Elles prévoient notamment une caution d'un million de shillings kényans (7.400 euros environ), l'obligation de fournir des copies de son passeport, visas et documents d'identité et de se présenter à la Cour au moins une fois par semaine en visioconférence.Il est également tenu de résider à une adresse donnée au Kenya durant toute la durée de la procédure, quand il n'est pas devant le tribunal aux Pays-Bas.Deux autres suspects, Philip Kipkoech Bett et Walter Barasa, sont toujours recherchés par la CPI. La procureure de la CPI, Fatou Bensouda, a demandé le 4 novembre au Kenya de les remettre au tribunal.En 2014, la CPI avait abandonné les poursuites intentées contre le président kényan Uhuru Kenyata, soupçonné de crimes contre l'humanité pour son rôle présumé dans les violences postélectorales de fin 2007-début 2008, qui avaient fait plus de 1.300 morts et 600.000 déplacés au Kenya.En avril 2016, elle avait prononcé un non-lieu au bénéfice de William Ruto et du présentateur de radio Joshua Arap Sang, poursuivis dans le même dossier.Mme Bensouda avait dénoncé "une campagne d'intimidation des témoins méthodique, considérable et très bien financée", qui l'aurait contrainte à prononcer ce non-lieu.