La Nuit de la Pub en Afrique : interview exclusive de son fondateur

22 mars 2011 à 9h25 par La rédaction

Jean-Marie Boursicot : « Ce qui me plait, c'est le côté cinématographique de la Pub » Chaque année, plusieurs milliers de fans de pub se rassemblent dans le monde entier pour la nuit des Publivores. Son fondateur, Jean-Marie Boursicot, un des plus grands collectionneurs de publicités au monde, s'est rendu la semaine dernière sur le continent africain pour partager sa passion. En tournée au Congo, en Afrique du Sud, ou à Madagascar, c'est à Paris qu'Hakim Djelouat, journaliste, est allé à sa rencontre dans le cadre des 30 ans de « la Nuit des Publivores ».Comment s'organise une tournée comme « la Nuit des Publivores » ?Exceptionnellement cette année, on termine la tournée par Paris ce Vendredi 25 Mars 2011 et Samedi 26 Mars 2011. Les tournées de la Nuit de la Pub se déroulent de Mars à Mars de l'année suivante. Là, cette année, on termine par Paris avec un orchestre sur scène dans une ambiance festive.Notre cinémathèque comprend plus de 950 000 archives, de 1898 à nos jours, soit plus d'un siècle de productions publicitaires filmées couvrant la création de plus de 80 pays sur tous les continents (l'Afrique, l'Europe, l'Asie, l'Amérique, et l'Océanie).Quelles sont les réactions des fans de Pubs en Afrique ?La semaine dernière, nous étions en Afrique, au Congo, où l'événement s'est très bien passé, avec un public fidèle, qui revient chaque année. Aujourd'hui, « La nuit des publivores », c'est 160 représentations par an dans 45 pays. Il y a deux mois, je suis allé en Afrique du Sud, la semaine suivante à Antananarivo, capitale de Madagascar, où le public est formidable. La Nuit de la Pub s'est également rendue en Angola. Nous sommes en discussion avec le Sénégal. Notre partenaire en Afrique du Sud est Trace TV, une sorte de MTV africaine qui aimerait faire une tournée en Afrique avec nous. L'année 2011 va être une année ou l'on va être plus présents en Afrique. J'aimerais vraiment que l'on soit plus présents sur le continent.En trente ans d'existence, y-a-t-il eu des changements dans le concept ?Oui, d'abord l'internationalisation du programme. La programmation a évolué. Avant, chaque film avait son style particulier par rapport aux pays. Et aujourd'hui, la communication est telle que les films sont vraiment les mêmes partout, parce que les sociétés se rachètent les unes les autres, les agences se regroupent par ailleurs en groupe d'agences. Il y a une sorte de mondialisation, il y a une circulation des créatifs et des commerciaux autant chez les annonceurs que dans les agences qui circulent dans le monde entier et donc au final, nous avons aujourd'hui une communication qui est la même. En plus, il y a aujourd'hui des choses qui n'existaient pas il y a trente ans, le câble, le satellite, internet, très utilisé par les jeunes.Quel est le public de la Nuit des Publivores ?En Afrique comme en Europe, ou en Asie comme Amérique Latine, notre public est composé essentiellement de jeunes entre 15 et 30 ans. Ils sont ouverts sur le monde et axés sur la communication. Ils aiment les mêmes produits. Ils vont siffler et applaudir les mêmes films. Il y a une sorte de culture et d'éducation mondiale.Pensez-vous créer le même concept pour les plus âgés ?J'y pense. Même si ce public a beaucoup plus de difficulté à tenir 6 heures, c'est un public très intéressant. Il faudrait faire un programme plus court et moins tard. Je pense que l'on peut vraiment s'adresser à tout le monde, il suffit simplement de créer un programme adapté à tout public.D'où vous est venue l'idée de créer « La nuit des publivores » ?J'ai commencé à collectionner les films à partir de 10 ans. J'habitais à Marseille quand j'étais enfant, et il y avait un cinéma de quartier qui s'appelait « le Madeleine » ou je récupérais les films de Pubs. « La Nuit des Publivores », c'est une sélection de films que je fais moi-même. C'est ma façon de faire partager ma passion du cinéma. Le côté marketing ne m'intéresse pas. Ce qui m'intéresse, c'est le côté cinématographique, l'histoire qui est racontée. Le produit n'est pas important. Ce sont mes coups de coeur. La sélection est renouvelée chaque année. Nous avons un programme en quatre parties. La quatrième est nouvelle cette année et représente les grands moments qui ont séduit le public ces trente dernières années.Propos recueillis par Hakim Djelouat.Rendez-vous pour la 30ème édition de « la Nuit des Publivores », Vendredi 25 et Samedi 26 Mars 2011, au Grand Rex �?? 75 002 Paris.www.nuitdespublivores.com