La saisie en Afrique du Sud pour impayés d'un avion d'Air Tanzania levée

4 septembre 2019 à 16h33 par AFP

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La justice sud-africaine a levé mercredi la saisie d'un avion de la compagnie Air Tanzania qu'elle avait initialement ordonnée pour des impayés de 33 millions de dollars réclamés par un fermier tanzanien dont les terres avaient été nationalisées dans les années 80, a annoncé le gouvernement tanzanien.

"Le jugement (par lequel la saisie avait été ordonnée) a été annulé après que le tribunal eut entendu nos arguments", a déclaré le ministre tanzanien des Affaires étrangères, Palamagamba Kabudi, lors d'une conférence de presse à Dar es Salaam."Nous avons le nouveau jugement; le juge a ordonné la levée de la saisie et la remise de l'avion au gouvernement tanzanien", a ajouté le ministre. L'avion a atterri en soirée à l'aéroport de Dar es Salaam, où l'attendaient plusieurs ministres, selon les images des télévisions locales."C'est une victoire pour la Tanzanie. Le juge a conclu que la justice sud-africaine n'était pas compétente pour ordonner une telle saisie", a déclaré le vice-ministre des Affaires étrangères, Damas Ndumbaro, à sa descente de l'avion, dans lequel il avait fait le voyage à la tête d'une forte délégation.M. Kabudi a expliqué que le tribunal avait ordonné la saisie le 21 août lors d'une procédure spéciale, sans avoir entendu le gouvernement tanzanien.L'avion d'Air Tanzania, qui reliait Dar es Salam à Johannesburg, avait été saisi deux jours plus tard à l'aéroport OR Tambo International dès son atterrissage.L'avocat Roger Wakefield, du cabinet Werksmans Attorneys, avait expliqué que la saisie faisait suite à un jugement prononcé par la Haute Cour de Johannesburg. L'appareil est estimé à 90 millions de dollars, selon lui.Le gouvernement tanzanien avait procédé dans les années 1980 à la nationalisation d'un terrain détenu par un gros propriétaire terrien qui produisait des semences de haricots - saisissant tout l'équipement, y compris 250 véhicules et 12 avions légers.Le propriétaire, un Tanzanien né en Namibie dont l'identité n'a pas été dévoilée et âgé de 86 ans, avait obtenu dans les années 90 des compensations d'un montant prévu de 36 millions, mais le gouvernement ne lui a versé que 20 millions de cette somme.Avec les intérêts de retard accumulés, les 16 millions manquants se sont transformés au fil des années en 33 millions de dollars, selon l'avocat spécialisé à l'international.Le fermier avait ensuite été déclaré interdit de séjour en Tanzanie pour des motifs sans fondements, selon son avocat, et vit depuis dans un pays d'Afrique de l'Est.