Les élections en Somalie ont partiellement commencé, le retard menace le processus

29 juillet 2021 à 16h40 par AFP

AFRICA RADIO

Les élections législatives ont commencé jeudi dans l'un des cinq Etats de la Somalie, avec plusieurs jours de retard sur le calendrier annoncé dans ce pays instable de la Corne de l'Afrique.


Les autres Etats n'ont pas encore commencé à voter dans le cadre de ce processus électoral de plusieurs mois, qui était censé débuter dimanche.Dans le cadre du très complexe et indirect système électoral somalien, les cinq Etats doivent lors de cette première phase désigner les 54 représentants élus à la Chambre haute (Sénat) du Parlement fédéral. Mais, dimanche, aucun n'était prêt à voter. Jeudi, le Jubaland (sud), qui était le plus avancé dans les préparatifs, a procédé à l'élection de ses 4 élus à la Chambre haute."Nous avons remporté une victoire historique aujourd'hui en surmontant une longue incertitude quant au fait de savoir si ce vote allait se tenir", a déclaré Ahmed Madobe, président du Jubaland."Cela signifie que le pays va vers des élections, et j'espère que le reste des Etats suivront", a-t-il ajouté. Les quatre autres Etats font face à divers degrés de retard, : l'Hirshabelle n'a pas terminé les premiers préparatifs ; au Galmudug, le Parlement local est en vacances jusqu'à début août ; le Puntland ne devrait également pas voter avant la même date ; le Sud-Ouest pourrait, lui, voter prochainement. Ces retards risquent de bousculer le calendrier électoral, résultat de négociations entre les leaders politiques après des mois de tensions et de violences. Le mandat du président Mohamed Abdullahi Mohamed, dit Farmajo, a expiré le 8 février, sans qu'il ait pu s'entendre avec les leaders régionaux sur la tenue d'élections, déclenchant une grave crise constitutionnelle. En avril, la prolongation pour deux ans de son mandat a provoqué de violents affrontements à Mogadiscio, menaçant le fragile équilibre de ce pays meurtri par la guerre civile.Début mai, dans un geste d'apaisement, Farmajo a chargé le Premier ministre, Mohamed Hussein Roble, d'organiser des élections dans les meilleurs délais. Annoncé en juin, le calendrier électoral a été depuis légèrement modifié et prévoit que, outre le vote pour la Chambre haute à partir de fin juillet, celui pour la Chambre basse se tienne entre le 12 septembre et le 2 octobre. Aucune modification n'a été annoncée pour l' élection présidentielle, fixée au 10 octobre. La Somalie n'a pas tenu d'élections directes et universelles depuis 1969, année où le dictateur Siad Barré a pris le pouvoir par la force.