Les Mauritaniens votent dans le calme, forte affluence en province

21 décembre 2013 à 12h17 par La rédaction

Nouakchott (AFP)

Les Mauritaniens votaient samedi dans le calme au second tour des législatives et municipales, près d'un mois après le premier tour et boycotté par des opposants, dont le principal enjeu est l'obtention d'une majorité absolue de députés par le pouvoir.

A Nouakchott, il n'y avait pas comme au premier tour le 23 novembre, de longues files d'attente devant les bureaux de vote, ouverts de 07H00 (locale et GMT) à 19H00 (locale et GMT), a constaté un journaliste de l'AFP.

"C'est très rapide.Les gens viennent et repartent vite, ce qui explique l'absence de files devant les bureaux" de vote, a expliqué un responsable électoral à Ksar, un quartier populaire de la capitale.

Près de trois heures après le début du scrutin, 20% des inscrits avaient, selon lui, déjà voté.

A Sebkha et Tavregh Zeina, deux autres quartiers de la capitale, la même atmosphère prévalait, avec peu d'électeurs devant les bureaux de vote.

En province cependant, de longues files s'étaient formées avant l'ouverture des bureaux de vote, notamment dans les villes de Rosso (sud), Guérou, Tintane et Djiguenni (sud-est), selon des témoins.

"C'est une véritable marée humaine devant les bureaux de vote de Djiguenni", a affirmé à l'AFP un responsable local pour qui, "malgré la forte mobilisation, les gens sont calmes et se côtoient sans heurts".

Le premier tour du 23 novembre avait été marqué par une forte participation, de plus de 75%.

Moins d'un million d'électeurs sont appelés à voter à ce second tour, contre 1,2 million au premier, pour renouveler 30 sièges des 147 que compte l'Assemblée nationale et les conseils municipaux de 119 communes sur les 218 du pays.

Le scrutin a été reporté à une date ultérieure dans trois communes à la suite de décisions de justice.

Aux législatives du 23 novembre, le parti du président Mohamed Ould Abdel Aziz, l'Union pour la République (UPR), était arrivé en tête avec 52 députés sur 117 attribués.Avec ses alliés, l'UPR a obtenu 86 sièges.

Mais le parti présidentiel vise la majorité absolue dans la nouvelle Assemblée nationale et doit, pour y parvenir, remporter 22 sièges sur les 30 en jeu, pour ce second tour, soit 74 sièges sur 147.

L'UPR est suivie par le parti islamiste Tewassoul qui a obtenu douze sièges.L'ensemble de l'opposition qui participe à ces scrutins avait obtenu 31 sièges au premier tour.

Aux municipales, l'UPR l'avait emporté dans 81 des 218 communes.

 

"De nouvelles figures" à l'Assemblée nationale

Le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz s'est félicité, dans une déclaration à la presse, de "l'entrée au Parlement de nouvelles figures, fruit du renouvellement de la classe politique" mauritanienne.

Ces nouvelles figures vont "donner un sang nouveau au travail parlementaire pour aboutir aux transformations escomptées", a-t-il dit, après avoir voté à Nouakchott.

"Nous avons grand espoir que les choses évolueront sur la voie du progrès, au service du peuple mauritanien", a-t-il poursuivi.

"La démocratie est la clef du développement.Notre peuple l'a compris par le taux très élevé de sa participation à ces élections.Je le félicite pour cela", a-t-il ajouté.

Le score de Tewassoul est également considéré comme un des enjeux de ces élections.

Il est le seul des onze formations de la Coordination de l'opposition démocratique (COD) à avoir choisi d'y participer et est assuré d'être désormais le deuxième parti du pays, mais loin derrière l'UPR, et la première force de l'opposition au Parlement.

Les autres partis de la COD, dite opposition "radicale", boycottent ces scrutins qui, selon eux, ont été organisés "unilatéralement" par le pouvoir du président Aziz qu'ils considèrent comme un "dictateur".

Les premiers résultats sont attendus dimanche, premier jour de la semaine en Mauritanie.